Grille d’interprétation résolument inversée

lundi, 20.03.2017

L’orientation haussière des taux a toujours pesé sur les marchés actions. On constater le contraire aujourd’hui.

Levi-Sergio Mutemba

Très anticipé par le marché, le relèvement des taux directeurs de la Fed mercredi dernier était une simple formalité. Les investisseurs  n’ont nullement été perturbés par ce renchérissement du coût du crédit. Le deuxième depuis que Donald Trump a été élu.

Jusqu’au troisième trimestre de l’année dernière, la perspective d’une normalisation de la politique monétaire américaine était pourtant cause d’anxiété. Les incertitudes liées à la croissance globale, en particulier à la stabilisation de l’économie chinoise, puis la chute du pétrole, pesaient de tout leur poids.

C’est dans un environnement altéré que la Fed a procédé à ses deux derniers relèvements de taux. Aux États-Unis, ailleurs dans une moindre mesure, les indicateurs macro s’ancrent de plus en plus en territoire positif. La politique de relance favorisée par le nouveau président américain a pour sa part intensifié les anticipations d’inflation et de croissance.

Au point que les marchés actions n’excluent plus, aujourd’hui, un rythme de resserrement monétaire plus rapide que prévu. Les faucons ne représentent plus une menace. Comme si, face à la progression relativement rapide des prix, la générosité monétaire de la Fed pourrait devenir facteur de correction.

Autant dire que ce changement ouvre la voie à l’orthodoxie selon laquelle une banque centrale trop accommodante trop longtemps aboutit inéluctablement à la formation d’une bulle financière.

Le marché obligataire semble toutefois être en désaccord. Implicitement du moins. Pourquoi les taux des Treasuries à 10 ans ont-ils reflué à 2,50% seulement, après avoir dépassé 2,60% trois jours avant la décision de la Fed? Cette apparente anomalie fait débat et jette comme une ombre au tableau. page 10



 

 
 



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