La Banque nationale se réfugie derrière la conjoncture mondiale

vendredi, 17.03.2017

L’amélioration conjoncturelle globale n’est-elle pas le seul moyen de sortir de la crise monétaire chronique en Suisse?

Au lendemain de la décision de la Réserve fédérale américaine d’intervenir comme prévu sur les taux courts pour les relever, la Banque d’Angleterre et la Banque nationale suisse ont confirmé hier qu’elles ne suivraient pas. Venant aussi après la Banque centrale européenne la semaine dernière, cette confirmation renvoie en Suisse à une situation nettement moins tendue sur le front conjoncturel que monétaire.

C’est peu dire que la Banque nationale a depuis des années une politique de change principalement. Peu dire aussi que le franc est toujours surévalué par rapport aux parités de pouvoir d’achat. Ce que la BNS a d’emblée reconnu dans son examen trimestriel de la situation économique et monétaire. Elle a de nouveau proclamé qu’elle allait continuer de tenter de retenir le franc par création monétaire pour augmenter l’offre, et dissuader parallèlement les détenteurs avec des taux négatifs.

Dans la matinée, le franc s’est légèrement apprécié face à l’euro, la devise européenne tombant à son plus bas du jour: 1,071 franc, contre 1,072 précédemment. Le cours s’est ensuite stabilisé à ces niveaux.

La Banque nationale avait donné l’impression ces derniers jours de sous-affaiblir le franc en vue d’un choc éventuel dû aux élections aux Pays-Bas. Hier, elle a surtout relevé que les indicateurs conjoncturels étaient positifs à l’échelle du monde, ce qui semble en définitive la meilleure voie  pour en finir avec la crise monétaire chronique en Suisse.

La BNS a également mentionné que la croissance du produit intérieur en Suisse avait été inférieure aux attentes s’agissant du quatrième trimestre. Avec une hausse de 0,3% seulement en glissement annuel.

La reprise en Suisse peut donc être qualifiée de modérée dans les derniers mois de l’année. Avec amélioration du marché du travail depuis l’été dernier. L’objectif et les prévisions de progression de 1,5% du PIB (croissance) sur l’ensemble de l’année sont inchangés. Les anticipations de renchérissement sont en revanche relevées à court terme, l’inflation par les coûts venant principalement des prix du pétrole.



 

 
 



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