La gauche décidera du sort de la réforme

vendredi, 17.03.2017

Christian Affolter

L’alliance entre démocrates-chrétiens et socialistes a finalement réussi à faire passer Prévoyance vieillesse 2020 au Conseil national. Avec le soutien de dernière minute des Vert’libéraux et des bourgeois-démocrates (et deux liguards tessinois). Une alliance d’autant plus fragile pour remporter une majorité populaire en septembre que le centre se trouve fragmenté: les libéraux-radicaux n’ont pas accepté une réforme qui ne règle pas les problèmes de deuxième pilier, mais offre une compensation du côté du premier. Seuls les démocrates-chrétiens semblent pouvoir soutenir sans beaucoup de réserves le texte issu des plus de 170 heures de discussions dans les deux Chambres.

Les Vert’libéraux ont porté le paradoxe à son comble: n’étant pas vraiment partisans de la réforme, ils préfèrent qu’elle échoue devant le peuple plutôt qu’au Parlement. A leurs yeux, cela permettrait de présenter plus vite une solution alternative.

Mais les axes de discussion lors de la votation seront probablement très différents de ceux du Parlement, souvent trop techniques pour être accessibles. Alors que le taux de conversion n’a déjà pas été compris par tous les votants, qu’en sera-t-il par exemple de la déduction de coordination? Ce qui signifie que les partisans et adversaires ne seront pas forcément répartis non plus de la même manière. Des fissures apparaîtront dans les blocs qui ont paru particulièrement solides jusqu’ici en cours de débat. La partie agrarienne de l’électorat du Parti populaire suisse (UDC) semble bien plus favorable à la réforme que ses représentants à Berne. Ne bénéficie-t-elle pas davantage d’une solution centrée sur l’AVS que de compensations dans le deuxième pilier?

Du côté de la gauche, les syndicats sont loin d’avoir abdiqué face à l’augmentation de l’âge de la retraite pour les femmes et l’abaissement du taux de conversion du deuxième pilier. Deux importants «sacrifices» consentis par ses parlementaires.

Et même les partisans de la réforme l’ont souligné: il est impossible de gagner des votes populaires sur les assurances sociales sans le soutien de la gauche. La droite, qui refuse cette réforme pour bien d’autres raisons, n’aura peut-être même pas besoin d’insister.


 

 
 

 
 

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