Potentiel de surprise en dehors de la Fed

mardi, 14.03.2017

Christian Affolter

La réunion de la Fed devrait déboucher demain sur le premier événement de politique monétaire majeur de l’année. Depuis les chiffres de l’emploi américain de vendredi dernier, toute décision autre qu’un relèvement des taux directeurs d’un quart de point représenterait une surprise très déstabilisante. Les marchés ont déjà inclus cette petite adaptation-là. Tant du côté des devises que des obligations, avec une hausse des rendements des bons du Trésor en particulier.

Quelques éléments peuvent tout de même paraître peu cohérents par rapport à ce scénario de consensus. Les indices du marché américain des actions tout d’abord: ils restent proches de leur niveaux record historique atteint cette année, alors qu’une politique monétaire moins accommodante devrait les mettre sous pression. Cette corrélation dictée par la logique ne s’est toutefois que très rarement vérifiée en début de période de hausse de taux. Il se confirme plutôt que les investisseurs privilégient l’interprétation que la politique de la banque centrale atteste de la vigueur retrouvée de l’économie.

S’y ajoute cette année un élément plus spécifique: les espoirs que le programme de Donald Trump parvienne à insufflerdavantage encore de dynamique. Malgré le scepticisme largement répandu parmi les économistes.

Intervenant plus tôt que prévu, cette hausse pose avec plus encore d’insistance la question du décalage par rapport à la zone euro. Les marchés forex ont donné une première réponse le week-end dernier. L’euro, non pas le dollar, a été le principal bénéficiaire des chiffres de l’emploi, rendant encore plus probable une hausse par la Fed. Aussi vis-à-vis du franc, atteignant un plus haut sur trois mois, qui laisse un peu de marge sur le plancher implicite de 1,07.

Selon des rumeurs, la Banque centrale européenne a discuté la possibilité d’un relèvement des taux avant même d’avoir terminé les mesures d’assouplissement quantitatif. Les marchés lui suggèrent d’aller dans ce sens-là, malgré le fait que cette décision serait très hétérodoxe.

En plus de limiter la différence de taux par rapport aux Etats-Unis, elle donnerait une nouvelle réponse aux déséquilibres dans la zone euro, les uns ayant toujours besoin de soutien. Les autres plutôt d’une sortie des taux négatifs. 


 

 
 



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