Le groupe Glencore démontre sa pérennité

vendredi, 24.02.2017

Nicolette de Joncaire

Ivan Glasenberg. Très optimiste sur l'avenir des métaux.

L’optimisme d’Ivan Glasenberg à la conférence de presse d’hier était presque contagieux. Force est d’admettre qu’il y a quelques raisons. Glencore renoue avec les bénéfices et son endettement a fortement décru, rejoignant des niveaux compatibles avec ceux des autres géants miniers. Après avoir frôlé le désastre, Glencore commence à démontrer sa capacité de survie. Pour ses investisseurs, le retour des dividendes doit être un soulagement. A noter toutefois que les marges sont en dents de scie, contrairement à celles des maisons de négoce. Ce qui prouve, s’il en était encore besoin, que nous avons bien à faire à une entreprise minière et industrielle, non à un trader.

Ce n’est pas tout. A des lieues de la morosité ambiante vis-à-vis du climat politique international, Ivan Glasenberg est positif. Il n’a d’ailleurs peut-être pas tort. La confiance dans les équilibres fondamentaux des matières premières peut se justifier. Le Brexit n’a aucun effet sur la demande de matières premières, le Royaume Uni étant largement désindustrilasé.

L’élection de Donald Trump devrait déboucher sur des investissements de l’ordre du trillion de dollars en infrastructures, dont une proportion non négligeable en achats de produits de base largement importés. Quant à la demande chinoise en métaux industriels, elle continue de représenter la moitié des volumes mondiaux et d’augmenter (de 15% pour le cuivre et de 11% pour le nickel en 2016).

Côté offre, il fallait s’y attendre avec la chute des cours, les investissements se sont taris et les capacités rétrécissent. D’un plus haut en 2012 à 71 milliards de dollars, les dépenses en capital sur les mines de cuivre ont chuté à 25 milliards en 2016. Les vieux gisements au bord de la fermeture se comptent par dizaines,  leur production ne sera pas compensée par les nouvelles exploitations. D’autant que les tensions sociales et politiques se multiplient pour entraver les exportations. Comme en Indonésie où Freeport a invoqué la «force majeure» sur les exportations de cuivre, au Chili, où la plus grande mine de cuivre du monde (celle de BHP Billiton à Escondida) est paralysée par une grève. Ou encore aux Philippines, où le gouvernement a menacé de fermer une douzaine de mines de nickel.n






 
 

AGEFI



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