Pour exploiter la victoire Forta

mercredi, 15.02.2017

Vaud et Neuchâtel devront rapidement faire valoir les contournements routiers qu’ils envisagent depuis des années.

Patrick Eperon*

Dimanche 12 février dernier, 62% des votants (participation de 45,5%) et la totalité des cantons ont adopté l’arrêté fédéral de nature constitutionnelle portant sur la création d’un fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération ( Forta).

Ce résultat est pratiquement identique à celui obtenu par le fonds ferroviaire (FIF ou FAIF) lors de la votation populaire fédérale du 9 février 2014, à la différence que le canton de Schwyz avait rejeté le fonds FIF, tandis que tous les cantons ont adopté le fonds Forta.

Pour notre part, nous soulignons que le bon résultat du fonds Forta dans les urnes résulte d’un soutien marqué des cantons de Neuchâtel (76,9% de oui), Vaud (74,3% de oui) et, dans une moindre mesure du Valais, les six cantons romands ayant en moyenne voté Forta oui à quelque 66% des votants, soit près de quatre points de plus que la moyenne suisse.

En ce sens, les scores neuchâtelois et vaudois Forta oui seront rappelés à la Berne fédérale, dans l’optique, premièrement, de la construction des contournements routiers de La Chaux-de-Fonds et du Locle et, deuxièmement, de la relance des études relatives au grand contournement autoroutier de Morges.

Cependant, l’adoption du fonds Forta va bien au-delà du déblocage de crédits fédéraux nécessaires à la réalisation d’infrastructures liées à la route, aussi importantes que soient ces dernières.

En votant oui au fonds Forta, le peuple et les cantons ont porté un coup mortel au dogme du «tout aux transports publics» et choisi la complémentarité des moyens de transports, entre le rail et la route, d’une part, entre les transports routiers privés et les transports publics routiers, d’autre part. Cette victoire est d’autant plus significative qu’elle se produit moins d’une année après l’adoption d’un deuxième tunnel routier à une voie au Gothard.

Par ailleurs, les citoyens qui avaient rejeté clairement la hausse de la vignette autoroutière à 100 francs fin 2013, ont accepté début 2017 une hausse de 4 centimes de la surtaxe sur l’essence et le diesel, soit un coût supplémentaire de quelque 36 francs par an pour un ménage moyen. De ce fait et compte tenu des messages rageurs des opposants de droite à cette hausse sur la page Facebook de la campagne Forta oui, aucun élu fédéral ne pourra, sans risque politique sérieux, proposer une hausse importante des taxes pesant sur les usagers du trafic routier motorisé.

Enfin, l’adoption du fonds Forta en votation populaire permet au lobby routier suisse de se réorganiser afin de se concentrer sur les batailles politiques à venir que sont la politique climatique, la taxation de la mobilité ou Mobility Pricing, les conséquences de l’électrification croissante du parc automobile suisse et l’élaboration d’une législation routière permettant l’accueil à terme de voitures autonomes sur nos routes.

* Centre patronal


 

 
 



agefi_2017-02-15_mer_02
 


...