Les investissements suisses aux USA sont sous-estimés

mardi, 14.02.2017

Commerce. La Suisse a une importance disproportionnée par rapport à son PIB du point de vue d’outre-Atlantique.

Christian Affolter

Il peut paraître étrange que Donald Trump s’en prenne aussi vite à la Suisse à propos de la préférence à donner à la fabrication de biens aux Etats-Unis plutôt qu’à l’étranger. Le poids économique d’autres pays européens en termes de PIB est nettement plus important. Une analyse des chiffres disponibles sur les relations commerciales entre les différents pays du Vieux Continent et les Etats-Unis montre cependant une toute autre réalité. Surtout du point de vue d’outre-Atlantique. La Suisse compte parmi ses principaux pays partenaires commerciaux, non seulement en termes relatifs, mais même en chiffres absolus. Elle figure par exemple en 2016 à la douzième position des pays affichant les déficits commerciaux les plus importants du point de vue des Etats-Unis dans le commerce de biens (13,7 milliards de dollars). C’est cette catégorie-là qui intéresse certainement le nouveau président américain focalisé sur la relance de la production industrielle et la diminution du déficit commercial record par le biais de mesures protectionnistes. Le surplus du côté des services de 9,8 milliards (2015, surplus substantiel également les années précédentes) passe alors quasi inaperçu. Il ne tient pas compte non plus du fait que du côté du stock d’investissements directs aux Etats-Unis provenant de l’étranger, la Suisse fait partie du top 8 mondial qui en réunit 80% du volume total (7e). Dans l’autre sens également, les investissements directs vers la Suisse provenant des Etats-Unis comptent parmi les plus importants. A l’échelle des flux annuels, la Suisse est très loin de disparaître des radars également. La forte présence de sociétés holding multinationales est certes un élément important pour expliquer l’importance de ces flux. Des statistiques basées sur l’investisseur ultime ou le bénéficiaire économique final relativisent par conséquent quelque peu le rôle de la Suisse. En y ajoutant l’élimination de tout élément purement financier, pourrait-il même tomber dans l’insignifiance? Ce serait oublier les importants investissements suisses dans le domaine manufacturier. Comme celui annoncé par OC Oerlikon la semaine dernière.  page 3


 

 
 



Agrandir page UNE

agefi_2017-02-14_mar_01
 


...