Et si l’on investissait à Tiraspol

lundi, 13.02.2017

Marché IMMOBILIER. Pas besoin de s’exiler. Le parallélisme des décotes s’observe aussi en Suisse.

Lorenzo Pedrazzini.*

Certains rentrent des Maldives ou de l’Ile Maurice. A chacun son vice. Moi, j’étais à Tiraspol.  Capitale de la région sécessionniste de Transnistrie («au-delà de Niestr»), ce pays est un point-virgule de 200 kilomètres de long (et de quelques mètres de large) entre l’Ukraine et la Moldavie, pacifié depuis une guerre civile par une force d’interposition: la 14e armée de la Fédération de Russie. La République Soviétique de Transnistrie / Moldave de Transnistrie, en fait (Soviet suprême, parti presqu’unique, organisation socialiste exemplaire, Université d’envergure et écoles sans grèves) n’existe que par une reconnaissance internationale quasi consanguine (Ossétie du Sud, Haut Karabagh et quelque autres démocraties soudaines). Les statistiques manquent un peu ou se contredisent selon les sources: population (entre 300 et 500.000 habitants), PIB (par habitant 21.000 dollars il paraît), chômage: 0? J’ai lu que la fantaisie coûtait à la Fédération de Russie 800 millions de dollars par an. Enfin, ça tourne. La population semble heureuse, sereine, organisée et le vin (abondant) qu’on peut y goûter est bien meilleur qu’à l’ère soviétique (on pouvait en acheter chez Denner). L’ancienne Besserabie, bien plus sûre qu’Odessa, sa voisine de 60 kilomètres, subit politiquement le brassage des vagues de déportations inaugurées par les Turcs, les Russes et les Bulgares au XIXe siècle: tiers de population à parts égales: Russes, Roumains, Ukrainiens. J’y ai même vu un Vaudois émigré.

Leur sujet politique du moment, c’est «l’émigration massive». Economiquement, c’est cela qui détruit un pays, pas le contraire.

A Tiraspol, il y a un registre foncier, une monnaie du genre «franc CFA» (un rouble «fort», incroyablement stable depuis 4 ans; ça s’explique) et trois promotions immobilières d’envergure (la ville compte à mon avis 50.000 habitants, officiellement 130) qui semblent s’arracher. J’y ai croisé un homme «d’à faire» danois qui m’expliquait qu’à 600 dollars le m2, des taux d’intérêt à 5% (il y a trois banques commerciales et pas de Finma), une inflation officielle à 4%, un fisc qui discute, on ne pouvait faire qu’une bonne... affaire. Le parallèle transnistrien que je tente ici est quelque peu audacieux. Il caricature l’investissement «exotique» et la tentation de comparer l’incomparable. suite page 5    

* AMI International Suisse 


 

 
 

 
 

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