La hantise du désendettement

mercredi, 11.01.2017

Chine. L’offre de crédit doit se poursuivre pour éviter un hard landing immédiat et une correction financière globale.

Levi-Sergio Mutemba

Des investisseurs très médiatiques tels que George Soros comparent la situation financière chinoise à celle qui prévalait aux États-Unis en 2008 lors de la crise des subprimes. Autrement dit, une situation où l’expansion de la dette publique et privée aboutira à une crise financière et globale majeure.

L’endettement chinois, hors dette du gouvernement, est passé de 201,7% du produit intérieur brut (PIB) à fin 2015 à 209,8% au troisième trimestre 2016.

En ajoutant la dette du gouvernement, elle pèserait pour près de 250% du PIB. Contre environ 150% une décennie plus tôt. À côté du modeste deleveraging du secteur bancaire au cours des dix dernières années, les ménages ont pour leur part accru leurs engagements de 23 points de pourcentage à 40% du produit intérieur.

Le risque le plus significatif résiderait toutefois dans leurs employeurs. C’est-à-dire les entreprises chinoises (en particulier celles détenues par l’État), qui ont accumulé un stock de dette pesant 165% du PIB contre 105% dix ans plus tôt selon les données de Bloomberg Intelligence.

L’an dernier, le nombre de défauts des obligations d’entreprise avait déjà plus que triplé par rapport à l’ensemble de l’année 2015. Au point que les écarts de crédit se sont largement tendus, et de nombreuses émissions obligataires ont été reportées ou annulées.

Si le désendettement semble être une cure appropriée, il représente également un risque à court terme. Voire à moyen et à long terme et pour l’ensemble des places financières de la planète. Les économies nationales ont toujours un grand besoin de Chine en tant que débouché commercial incontournable.

Un processus de désendettement se traduirait par une chute de la demande, donc une nette baisse de l’activité économique et des investissements.

C’était du reste la crainte principale des marchés, lorsque ces derniers se sont effondrés de plus de 10% entre décembre 2015 et février 2016.

Pourtant, aujourd’hui, l’idée d’une politique d’austérité en Chine semble encore plus écartée par les autorités. Elles ne peuvent cependant plus stimuler l’économie strictement par la voie monétaire, compte tenu des valorisations extrêmes du secteur immobilier, en situation de surchauffe. Cette situation ressemble de plus en plus à une impasse. suite page 12


 

 
 



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