Actions: un optimisme mesuré pour 2017

mardi, 10.01.2017

Une évolution positive des bénéfices des entreprises semble possible cette année.

Philippe G. Müller,

Contrairement aux Etats-Unis, 2016 n’a pas été une année favorable aux actions en Suisse et dans l’Union européenne (UE). , Le Swiss Performance Index (SPI), dividendes inclus, a perdu environ 1,5% l’an passé. Les poids lourds multinationaux de la Bourse ont été un véritable frein.

Même si les petites et moyennes entreprises ont affiché des résultats nettement plus positifs, la faible croissance organique et le recul des marges de plusieurs grosses capitalisations de l’indice SMI des valeurs vedettes ont pesé sur la croissance des bénéfices et donc sur l’ensemble du marché.

Pour la première fois depuis deux ans, une évolution positive des bénéfices des entreprises semble possible cette année. Après une longue période de croissance nulle de ces bénéfices, le marché suisse des actions devrait ainsi entrer dans une nouvelle phase de croissance en 2017.

Pour ce qui est des taux de croissance des bénéfices, les prévisions du Chief Investment Office (CIO) d’UBS sont plus prudentes que celles du consensus. Néanmoins, on peut estimer qu’une croissance de 5 à 7% devrait être possible en 2017 et 2018. Les taux de croissance dépendront pour beaucoup de l’évolution monétaire. En effet, pas moins de 88% des bénéfices des entreprises cotées à la Bourse suisse proviennent de l’étranger. Comme on peut prévoir en 2017 dans l’ensemble une légère dépréciation du franc par rapport aux principales monnaies, aucune perte de change ne devrait peser sur l’évolution des bénéfices. La croissance organique des chiffres d’affaires devrait par ailleurs s’améliorer lentement.

Le CIO d’UBS prévoit en effet une accélération de la croissance économique nominale en Suisse et dans le monde pour l’année qui vient.

Le rapport cours/bénéfice (PER) du SPI sur la base de l’estimation des bénéfices des entreprises pour les douze prochains mois s’établit désormais de 16x à17x, au-dessus de sa moyenne depuis janvier 2000 (14,9x). Quand le PER est historiquement élevé, le rendement sur dividendes est attractif. Avec environ 3,5% pour l’exercice 2016, il est nettement supérieur à sa moyenne de 2,3% depuis le début du millénaire.

L’automne dernier, les prévisions d’inflation et donc les intérêts ont augmenté partout dans le monde et, en particulier, aux Etats-Unis. Sur le marché des actions, cela a surtout affecté les actions à haut rendement et au cashflow solide, par exemple dans le secteur des biens de consommation de base. En effet, les instruments porteurs d’intérêts sont des alternatives aux placements en actions.

Bien qu’historiquement, des rendements obligataires et des rendements des intérêts plus élevés freinent le cours des actions, le CIO d’UBS table, dans un premier temps, uniquement sur des relèvements des taux de la part de l’institut d’émission américain. Dans la zone euro et en Suisse, le relèvement des taux directeurs n’est pas encore à l’ordre du jour.

C’est pourquoi les actions suisses à rendement devraient rester attractives en 2017, offrant toujours un rendement supplémentaire élevé par rapport aux intérêts et aux obligations. Mais le facteur de la croissance va prendre davantage d’importance, car les actions à rendement ne pourront plus profiter de la baisse des intérêts et l’embellie conjoncturelle permettra à nouveau une croissance des bénéfices et des chiffres d’affaires.

Le CIO d’UBS recommande donc maintenant pour les titres à dividendes de qualité un bon mélange d’actions offrant des rendements attractifs et d’actions affichant une croissance des dividendes supérieure à la moyenne.

Economiste responsable

pour la Suisse romande,

Chief Investment Office d’UBS


 

 
 



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