La divergence entre stratégies monétaires aura vite des limites

lundi, 09.01.2017

La Fed est pressentie pour augmenter au moins trois fois ses taux cette année alors que l’indice dollar est déjà très haut.

Christian Affolter

Les marchés financiers ont fait la démonstration à la fin de la semaine dernière que les politiques monétaires divergentes tant anticipées par le consensus pour 2017 pourraient avoir moins de marge de manœuvre que prévu. L’évolution des cours de change après la publication des considérations ayant conduit à la décision de la Fed de décembre (minutes) a laissé apparaître que le scénario de trois hausses de taux par la Fed au cours de cette année avait été intégré. Voire plus: en réaction immédiate, le dollar a baissé d’un centime – la diminution la plus marquée en six mois – vis-à-vis de l’euro et du franc suisse notamment. Ce rythme de hausse soutenu présuppose que la situation conjoncturelle aux Etats-Unis est prioritaire par rapport à ce qui se passe dans le reste du monde. Il s’agirait de faire face aux effets inflationnistes qu’est censée générer la politique économique du président Donald Trump. Il faut également éviter que la situation sur le marché de l’emploi ne devienne trop tendue. Donc contenir la pression à la hausse sur les salaires.

Mais l’indice du dollar comparé à d’autres devises importantes est déjà à son niveau le plus élevé depuis l’exercice 2003. Cela vaut aussi et surtout pour la monnaie européenne, tandis que le franc s’est apprécié sur cette période-là (au tournant 2002/2003, le dollar était encore à 1,40 franc, contre 1,01 franc vendredi). L’inversion de la tendance en 2011 coïncide avec la fin de la deuxième tranche d’assouplissement quantitatif de la Fed (QE2). Elle correspond également à une période d’interventions musclées pour combattre la crise de dette européenne, ainsi qu’au début de la politique très expansionniste de la Banque centrale européenne. Fin du mois d’octobre 2011, la Banque du Japon s’était elle aussi engagée sur une voie accommodante. Ces changements d’attitude à l’échelle mondiale expliquent pourquoi le programme QE3 de la Fed n’a pas provoqué de nouveau retournement.

Jusqu’ici, la hausse du dollar n’a guère remis en question la reprise économique aux Etats-Unis. Personne ne semble savoir toutefois à quel niveau se situe le seuil de résistance.


 

 
 



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