La Banque nationale avait raison

lundi, 09.01.2017

Electromag. Notre petite entreprise industrielle et exportatrice est sortie renforcée de deux ans d’épreuve monétaire.

Vincent Comte*

Le 15 Janvier 2015, il y a bientôt deux ans, la Banque nationale (BNS) décidait d’abandonner le taux plancher de 1,20, et de laisser flotter le franc face à la monnaie européenne. Ce seuil avait été mis en place en 2011. Quand les entreprises suisses se sont tout d’un coup rendu compte qu’il fallait 0,97 franc pour obtenir un euro, elles se sont immédiatement posé des questions sur la survie possible de leur activité. En l’espace de quelques heures, leurs produits valaient 20% de plus que le prix de la veille pour des clients européens.

Les effets sur le marché de l’emploi se sont rapidement fait sentir. La plupart des entreprises suisses se sont trouvées dans la situation de devoir baisser leurs prix, de délocaliser certaines activités, d’augmenter la durée du temps de travail, d’indexer les salaires des frontaliers... Voire, dans le pire des cas, de liquider. Les chiffres du chômage sont tout de suite repartis à la hausse.

Beaucoup de dirigeants de petites ou moyennes entreprises ont reçu cette nouvelle comme un coup de massue. L’avenir s’assombrissait brusquement. Il devenait complètement incertain. Surtout pour les entités essentiellement orientées export. Fritz Zurbrügg, vice-président de la BNS, affirmait de son côté avec une sérénité assimilable à de la provocation: «Les conséquences sont toujours visibles dans vos entreprises, mais cette décision était inévitable. A long terme, elles sortiront renforcées par le franc fort, qui les maintient sans arrêt sous pression.»

Qu’en fut-il exactement? Il est légitime de se poser la question deux ans plus tard. En tant qu’actionnaire et directeur d’Electromag à Lausanne-Ecublens, développeur et producteur de micro-moteurs pour le domaine médical principalement (depuis 2003), vingt personnes environ, je confirme évidemment que mon entreprise a été directement impactée.

Nous exportons nos produits de niche dans le monde, mais en premier lieu dans la zone euro. Nous nous sommes tout de suite posé la question d’une délocalisation dans un pays européen. En avril 2015, cent jours environ après la décision de la BNS, 44% des grandes entités industrielles suisses envisageaient ce genre de mesure si l’on en croit une enquête réalisée à l’époque sur 86 entreprises générant 500 millions de francs de ventes. suite page 2

*Créateur et directeur d’Electromag à Lausanne-Ecublens






 
 

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