Le système de prévoyance reste fragile

mardi, 03.01.2017

La réforme de la prévoyance retraite menace déjà d’échouer au Parlement. En jeu les 70 francs mensuels supplémentaires sur les rentes AVS.

Veronica Weisser*

L’exercice s’avère difficile, la réforme de la prévoyance helvétique menace d’échouer au Parlement déjà. A mi-décembre, il y avait une procédure d’élimination des divergences entre le Conseil national et le Conseil des Etats. Mais on ne percevait aucun signe que les deux Chambres puissent convenir d’une ligne commune dans l’important programme de réforme de la «Prévoyance 2020».

La pierre d’achoppement porte sur les 70 francs mensuels supplémentaires sur les rentes AVS,  accordés par le Conseil des Etats pour compenser la réduction des prestations du deuxième pilier. Une majorité du Conseil national refuse les  «subventions croisées» entre le premier et le deuxième pilier et propose une compensation dans le cadre du deuxième pilier.

Vu que les deux Chambres campent sur leurs positions pour la deuxième fois déjà, une confrontation finale aura lieu à la session de printemps. Cette situation tend à augmenter le risque que la réforme ne fasse déjà naufrage au Parlement.

C’est exactement ce que l’on ne peut se permettre! Et encore moins les jeunes générations et celles à venir, car la santé du système de retraite helvétique continue de se détériorer.

C’est ce que met en évidence l’indice UBS de la prévoyance en Suisse qui est demeuré en territoire négatif aux deuxième et troisième trimestres 2016.

Cette dynamique négative est essentiellement due à deux facteurs: d’un côté, le changement démographique s’est accentué: l’immigration nette au troisième trimestre devrait être inférieure au taux du trimestre précédent et le nombre de personnes actives qui sont parties à la retraite est supérieur au nombre de jeunes entrés dans la vie active.

De l’autre, la faible hausse de prix sur le marché immobilier a pesé davantage sur le sous-indice qui représente l’évolution économique.

Dans le même temps, les institutions de prévoyance ont pu enregistrer des performances positives, d’où la progression du sous-indice financier. Cela dit, cette évolution favorable risque d’être de courte durée, car l’amélioration est essentiellement tributaire des gains en capital enregistrés par les emprunts de premier ordre sous l’effet de la baisse continue des rendements, après le vote en faveur du Brexit en Grande-Bretagne. De tels gains de cours ne sont réalisables que dans un scénario fortement déflationniste, avec un nouveau recul des rendements.

Calculé sur une base trimestrielle, l’indice UBS de la prévoyance en Suisse évalue la santé du système de prévoyance helvétique. Comprenant quatre sous-indices (évolution économique, démographie, finances et réformes), l’indice englobe les facteurs les plus importants pour la stabilité du système de prévoyance.

Si l’indice UBS de la prévoyance en Suisse affiche une valeur négative, cela signifie que la dynamique s’est détériorée par rapport au même trimestre de l’année précédente. Inversement, une valeur positive indique une amélioration.

Cette évolution est mise en relation avec l’évolution de la série de la période de référence allant du premier trimestre 2005 au deuxième trimestre 2016 (utilisée pour la standardisation).

Les études UBS sur le système de prévoyance suisse sont téléchargeables dans leur intégralité à l’adresse suivante: www.ubs.com/vorsorgeforum.

* Economiste et spécialiste

en prévoyance d’UBS


 

 
 



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