L’horlogerie suisse va vivre cette année son vrai test de résistance

mardi, 03.01.2017

La branche devrait bénéficier d’un rebond technique après une année catastrophique. Le challenge structurel reste entier.

Jean-Claude Biver (Hublot, Tag Heuer, Zenith) a été l’un des premiers à l’affirmer en fin d’année dernière: le secteur devrait connaître une reprise en 2017, de l’ordre de 5%. Cela reste à vérifier, mais c’est presque une banalité de penser que l’industrie bénéficie d’un rebond après un exercice 2016 statistiquement catastrophique. Toute la question sera de voir si la reprise ira au-delà de l’effet technique sur une base de comparaison au plus bas depuis plusieurs décennies.

L’industrie a un besoin vital de  rebond, moins en termes absolus  qu’en termes de réputation: même sous le seuil de 20 milliards de francs d’exportation, le niveau est au double de celui d’il y a encore quinze ans, mais l’horlogerie suisse ne vit que par sa réputation et sa désirabilité.

Il ne peut guère y avoir de hiatus. Tout dépendra de la capacité à animer le marché de manière positive et permanente, dans n’importe quelles conditions.

Ce défi va bien au-delà des nouvelles normes du swiss made et l’industrie horlogère doit y répondre dans un environnement de crise importante, géopolitique, conjoncturelle et structurelle. C’est surtout cette dernière composante qui est préoccupante pour l’image de la place horlogère. La baisse de régime drastique de 2016 marque un arrêt brutal pour quasiment l’ensemble des leviers à l’oeuvre lors de la dernière phase de croissance post-Lehmann Brothers: accélération de la verticalisation, intégration du retail à  très large échelle, accroissement des volumes dans le très haut de gamme, augmentation outrancière des prix, etc.

Au final, l’horlogerie suisse fait maintenant face à un décalage considérable avec la demande réelle, doublée d’un engorgement total des canaux de distribution et d’importantes surcapacités de production.

Le premier à avoir engagé un redimensionnement a été Richemont, avec une restructuration disputée au sein de Vacheron Constantin et de Piaget, et la nomination du duo Georges Kern (ex-IWC) et Jérôme Lambert (ex-Jaeger LeCoultre et Montblanc) à la direction opérationnelle du groupe laisse entendre que les grands remaniements ne font que commencer.


 

 
 



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