Faire des études ? Oui Mais à quel prix

mercredi, 23.11.2016

bourse d’étude. Des étudiants en situation précaire.

Jessica Héritier*

L’entrée en vigueur cette année de la nouvelle loi sur les bourses d’études et d’apprentissages (LAEF) laissent des milliers d’étudiants dans une situation précaire, suite à un refus de bourse, à une attente de réponse excessivement longue, voir à une diminution du montant de leur bourse. Sans compter l’interdiction, prévue par cette loi, qu’ont les boursiers de travailler.

Etant moi-même étudiante à l’Université de Lausanne, cette situation me concerne car j’attends depuis plus de 5 mois une réponse de l’OCBE à la réclamation que j’ai déposée suite à une décision de refus. J’ignore si ma déclaration sera acceptée mais, dans le cas inverse, je devrais déposer un recours au tribunal, ce qui me coûtera l’énergie, le temps et l’argent que je n’ai pas à disposition.

Cette situation me met financièrement en difficulté car j’arrive tout juste à payer mon loyer de 400.- par mois et mes factures avec le revenu non exorbitant de mon emploi actuel qui s’élève à 800.- par mois, me laissant à peine de quoi manger et finir le mois. Par conséquent, je suis constamment dans un état de stress et d’incertitude qui m’empêche de me concentrer entièrement à mes études universitaires, qui comptent 34 crédits ce semestre.

L’année dernière, j’ai bénéficié d’une bourse de 700.- par mois alors que j’avais un loyer de 830.- par mois à payer, ce qui n’était pas du tout suffisant pour vivre. J’ai dû multiplier les emplois, faisant parfois 4 emplois en même temps, à côté de mes études, pour m’en sortir. Par ailleurs, il m’était interdit par l’OCBE d’avoir un revenu en supplément de ma bourse de plus de 500.- par mois, Je devais donc vivre avec 1200.- par mois, un revenu bien en-dessous du minimum vital, pour payer mon loyer et mes factures, chose totalement impossible et absurde. Cette année, j’ai dû fournir mes revenus des 6 dernières années pour toucher une éventuelle bourse d’indépendante, mon diplôme du gymnase n’étant pas considéré comme une formation reconnue et, selon la nouvelle loi, un Bachelor ne l’est pas davantage. Mais à qui profite alors les bourses?

Ces conditions ne sont ni agréables à vivre ni idéales et propices au bon déroulement de ma formation universitaire. Bien que mon cas puisse être révoltant, ce sont actuellement des milliers d’étudiants qui sont pénalisés par la nouvelle loi sur les bourses et qui vivent la même situation que moi ou une situation encore plus précaire, et qui, souvent, n’osent pas témoigner par gêne ou par honte.

Etant donné les conséquences négatives qu’engendrent la nouvelle loi sur les bourses (LAEF), il faudrait s’interroger à l’avenir sur la nécessité de son éventuelle révision. Mais dans l’immédiat, cette situation ne peut pas perdurer et il est urgent que les personnes responsables de la décision et de la mise en application de cette nouvelle loi réagissent au plus vite et mettent en place des mesures concrètes pour y remédier.

* Étudiante à l’UNIL


 

 
 



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