Les liens complexes entre libre-échange et souveraineté

mardi, 22.11.2016

Schneider-Ammann. Le président de la Confédération a défendu la globalisation au nom de la croissance économique.

Chantre du libre-échange, le président de la Confédération Johan Schneider-Ammann avait deux bonnes raisons hier à Genève de développer ses convictions: l’après-Brexit et les élections américaines.

Le vote britannique pour quitter l’Union européenne était naturellement au cœur de la rencontre avec les ministres de la Norvège, de l’Islande et du Liechtenstein au sein de l’Association européenne de libre-échange (AELE). La Suisse doit préserver sa relation bilatérale avec la Grande-Bretagne affirme le président de la Confédération.

Les Britanniques doivent d’abord se décider sur leur interaction avec l’UE avant d’envisager une adhésion à l’AELE. Il n’y a pas encore de contact formel avec le gouvernement britannique, mais affirme-t-il, la Suisse serait ouverte à des discussions. Mais il faut reconnaître que l’entrée de la Grande-Bretagne dans l’Espace économique européen risquerait du coup de placer la Suisse en position difficile face aux trois autres membres de l’AELE. L’association envisage d’élargir ses accords commerciaux à l’Inde et l’Indonésie.

Revenant le soir sur l’élection américaine, Johann Schneider-Ammann a regretté que «Le libre-échange n’avait aucune chance d’être dans le camp des vainqueurs.».

La globalisation contribue à la croissance économique. Mais de larges pans de la population restent sceptiques sur ce qu’elle leur apporte personnellement, reconnait-il. Ils se sentent menacés par la concurrence des travailleurs étrangers et, - faute parfois de flexibilité et de formations adéquate -, ils se sentent exclus de la prospérité promise. Ils sont en outre désécurisés par la rapide transformation de leur environnement social, économique et technologique. Par exemple par la digitalisation.

Le protectionnisme n’est pas une option. La Suisse ne pourra défendre sa prospérité que si elle reste fidèle au libre-échange. Pour notre économie d’exportation, l’accès à moindre frais aux marchés mondiaux est une question de survie. Ceci d’autant plus en ces temps de franc fort, que les incertitudes du moment risquent de renforcer encore.

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