La ferveur sur les infrastructures en partie imposée par nécessité

lundi, 21.11.2016

Ce type d’investissement devient une classe d’actifs à part entière. Il peut être convaincant à condition d’être bien mené.

Philippe rey

La chasse aux rendements se poursuit dans un univers de taux d’intérêt encore bas. D’où l’engouement croissant porté par les investisseurs institutionnels, suisses en particulier, pour certains segments des marchés privés (ou le non coté), les infrastructures en premier lieu actuellement.

Une remontée des taux d’intérêt semble s’esquisser suite à l’élection de Donald Trump à la présidence américaine. Les taux longs commencent à frémir, notamment sur les emprunts à dix ans de la Confédération (un taux de rendement -0,05% vendredi), bien qu’il soit encore trop tôt pour parler d’un retournement durable de tendance.    

La hausse des rendements obligataires n’est pas encore intéressante pour couvrir l’inflation et les impôts, ainsi que le risque de change. Elle signifie aussi une baisse des prix des obligations existantes et sans doute davantage de volatilité. Ce qui accentue en fait le besoin de diversifier à travers une catégorie d’actifs qui paraît moins volatile et faiblement corrélée aux marchés financiers. C’est le cas des infrastructures, du moins par le biais de fonds dédiés qui éclosent actuellement. En outre, ceux-ci procurent un rendement réel et une protection contre l’inflation. Avec, en filigrane, des cash-flows récurrents et stables.

Le bas niveau des taux n’a pas disparu, cependant que le marché immobilier suisse semble avoir déjà atteint son zénith (à l’image du marché obligataire). Des raisons techniques expliquent également la diversification sur les marchés privés : le besoin de rendement élevé ainsi que la gestion du degré de couverture des fonds de pension. Il n’y a pas qu’eux mais aussi des family offices et investisseurs privés qui sont intéressés aux infrastructures. Les investissements dans les infrastructures ne doivent pas seulement être vus comme une classe d’actifs en concurrence avec d’autres en termes de rendement. Ils doivent être gérés activement, de manière professionnelle, par les investisseurs qui s’y intéressent. Une approche entrepreneuriale paraît même indiquée. On peut d’ailleurs appliquer un raisonnement analogue aux actions cotées et privées. Page 3


 

 
 



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