Transparence encore perfectible

mardi, 15.11.2016

Trafigura. L’entreprise de négoce publie à Genève son second rapport de durabilité. Contexte nettement moins porteur.

Marjorie Théry

Jeremy Weir. Le CEO de Trafigura

Le groupe de négoce de matières premières Trafigura à Genève a publié son second rapport de durabilité dans des circonstances nettement plus houleuses que l’an dernier.

Cité dans le scandale Petrobras, un membre de la direction fait l’objet d’une procédure au Brésil et en Suisse. Plusieurs négociants, dont Trafigura, étaient vivement critiqués en septembre pour avoir fourni du pétrole qualifié de «toxique» en Afrique. Trafigura a également quitté Swiss Trading and Shipping Association cet été, affirmant que la STSA n’était pas assez impliquée dans la promotion de la transparence.

A l’aune de ces éléments récents, la lecture d’un rapport maison sur la responsabilité sociale et la durabilité peut paraître quelque peu dérisoire. Il est pourtant intéressant de s’y plonger, parce que  Trafigura n’a précisément aucune obligation de publication, et reste l’un des rares traders à se plier à l’exercice. Lors de la publication du premier rapport, la volonté de transparence était aussi clairement accompagnée d’une stratégie de contrôle de réputation, en particulier auprès des banques, pour sécuriser l’accès aux financements. Cette seconde édition offre de nouveaux éclairages sur la transparence dans les paiements avec les entreprises d’Etat, même si elle reste très limitée. Et qu’à l’inverse, d’autres sections semblent trop détaillées. La lecture du rapport reste d’ailleurs un exercice plutôt aride. Le texte dense et assez technique, déroulé sur une soixantaine de pages, ne favorise pas véritablement la vulgarisation et la compréhension des enjeux. Au moment même où l’ensemble de la branche semble en avoir le plus besoin. page 7






 
 

AGEFI



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