Les salaires des professeurs d’université

jeudi, 20.10.2016

Le Recteur de l’Université de Zurich a prétendu, dans un entretien accordé à la Schweiz am Sonntag paru le 17 octobre, que les salaires des professeurs des universités suisses n’étaient pas assez élevés. Ce jugement est à la fois erroné et malvenu.

Erroné, le constat dressé par Michael Hengartner l’est à plusieurs titres.

Il devrait d’abord savoir que les salaires des professeurs des universités suisses sont les plus élevés du monde.

L’écart est substantiel, y compris lorsqu’on tient compte du coût de la vie en Suisse.

Le nombre important d’enseignants et de chercheurs ayant été formés dans des universités étrangères et qui travaillent dans des institutions d’enseignement supérieur en Suisse le démontre amplement.

Mais surtout, Michael Hengartner aurait pu et dû parler des vrais problèmes salariaux dans les universités, car ils sont nombreux.

La Suisse se place aussi en tête de peloton dans un autre classement, celui des différences salariales au sein des universités.

Entre le salaire d’un doctorant de première année payé par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) et celui d’un professeur·e ordinaire dans l’une des deux Écoles polytechniques fédérales, on passe de 3920 francs (salaire brut mensuel) à 21.300 francs.

Compte tenu du fait que ce dernier montant peut être augmenté de 25% pour des «professeurs particulièrement compétents» et que les doctorants FNS n’ont pas de 13e salaire, on aboutit à un rapport de 7,3, ce qui est beaucoup trop élevé pour une institution publique.

De plus, les universités font un usage de plus en plus extensif de personnels précaires et peu payés comme les chargés de cours, rémunérés par semestre et selon des forfaits, sans cotisations à la LPP.

Plus inquiétant encore, les boursiers FNS qui se rendent à l’étranger durant leur doctorat sont payés entre 40.000 et 50.000 francs par année (selon leur lieu d’étude), sans aucune cotisation sociale, ni pour leur retraite, ni pour le chômage.

S’il y a des urgences salariales à corriger dans les universités suisses, ce sont celles-là, et non les salaires déjà très élevés des professeurs ordinaires.

Le Syndicat des services publics (SSP) demande que swissuniversities se démarque très clairement des propos inexacts et déplacés de Michael Hengartner, et souhaite que des discussions sérieuses puissent s’engager sur la question des salaires dans les universités suisses. – (Syndicat suisse des services publics)


 

 
 

 
 
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