La solution pour une épargne-retraite réussie

mardi, 18.10.2016

Avec un résultat de répartition négatif, il devient utile de prévoir des placements à long terme.

Veronica Weisser

L’année 2015 constitue un point d’inflexion pour la démographie suisse puisque, pour la première fois, le nombre de personnes partant à la retraite a été supérieur à celui des personnes atteignant les 20 ans. L’AVS a annoncé un résultat de répartition négatif et les caisses de pension ont vu leurs degrés de couverture encore baisser.

Parallèlement, la rémunération des assurés du deuxième pilier a atteint un niveau minimal. Ce développement permet de supposer qu’à l’avenir les rentes de l’AVS et du deuxième pilier devraient être moins élevées en termes réels. Le succès des placements de l’épargne privée destinée à la vieillesse est donc devenu d’autant plus important, y compris dans le cadre du pilier 3a.

Comme l’introduction de taux d’intérêt négatifs par la Banque nationale suisse a poussé les rendements des placements à revenu fixe en territoire négatif, les comptes 3a sans composante actions ont vu leurs rendements chuter eux aussi nettement, de plus de 2% en 2010 à 0,5% en moyenne actuellement.

Dans ce contexte de taux ultrabas, les épargnants veulent donc trouver un moyen d’augmenter leurs rendements. Comme la prévoyance vise à procurer une certaine sécurité à la retraite, la préservation de la valeur est un objectif primordial. Or, ni les comptes 3a sans composante actions, ni les obligations de la Confédération suisse, considérés traditionnellement comme sûrs, ne permettent d’obtenir des rendements significatifs.

Pour l’épargne-retraite, la seule possibilité est de ménager un horizon de placement à long terme. Historiquement, sur le long terme, les actions rapportent nettement plus que les obligations, tandis que le risque de subir une perte diminue rapidement à mesure qu’augmente la durée de détention. Ainsi, pour un portefeuille suisse diversifié (46% d’actions, 44% d’obligations et 10% d’immobilier), le risque de perte est estimé à 32% sur un an, à 6% sur dix ans et à à peine 0,6% sur 25 ans.

Afin de répondre aux exigences de sécurité pour l’épargne-retraite, UBS calcule la proportion d’actions à atteindre dans le portefeuille pour qu’à l’âge de la retraite (65 ans) la probabilité d’un gain nominal soit d’au  minimum 90%. Cette proportion d’actions - et, en conséquence, le potentiel de rendement - dépend directement de la durée de placement et donc de l’âge de l’épargnant.

Les modèles prévisionnels d’UBS et la comparaison de différentes stratégies de placement montrent que jusqu’à l’âge de 44 ans, on peut investir son actuelle épargne-retraite jusqu’à 75% dans des actions diversifiées: la probabilité de réaliser un gain à 65 ans est alors de plus de 95%. Entre 45 et 56 ans, les actions peuvent encore constituer une bonne moitié du portefeuille sans que le risque atteigne un niveau excessif.  En revanche, les personnes de plus de 56 ans qui tiennent à la sécurité ne pourront profiter du rendement accru des actions que si elles ne prévoient pas de retirer leurs avoirs dès l’âge de départ à la retraite et qu’elles comptent les laisser fructifier encore plusieurs années.

Ces recommandations de placement pour l’épargne-retraite en fonction de l’âge sont valables pour les capitaux qui sont épargnés durant la fourchette d’âge considérée, ainsi que pour l’épargne déjà accumulée. Ce qui importe, c’est que le patrimoine de prévoyance investi soit conservé selon la structure de portefeuille correspondante jusqu’à la fin de la période d’épargne (65 ans ou plus). Les montants épargnés par la suite suivront les recommandations spécifiques en fonction de l’âge.

En conclusion: celui qui commence tôt à épargner pour sa prévoyance peut générer un rendement nettement supérieur, sans accroître le risque de perte.

Economiste et spécialiste en prévoyance d’UBS


 

 
 



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