Pénible effet de répétition

mercredi, 12.10.2016

Christian Affolter

Le nouveau séisme provoqué hier par la Finma et l’autorité de surveillance singapourienne MAS (lire page 3) n’est malheureusement qu’une confirmation. Certaines banques suisses appliquent les directives contre le blanchiment d’argent de manière largement insuffisante.

On en vient  à espérer que les cas impliquant de hauts responsables, sanctionnés par le retrait de licence du côté de la MAS, resteront limités à BSI et Falcon Private Bank. Les deux seuls épisodes à ce jour dans lesquels de sérieux signaux ont été ignorés ou même outrepassés de manière répétée.

Faut-il s’attendre à d’autres  sanctions et dégâts d’image pour la place financière? S’agissant de la suite de l’affaire 1MDB, l’appréciation par la MAS du cas UBS semble plus intéressante que celle portant sur Falcon.

Il a essentiellement été constaté que les faiblesses de contrôle anti-blanchiment n’étaient pas généralisées dans UBS Singapour, relevant plutôt d’agissements individuels. Ce qui signifie tout de même qu’il existe des failles.  

L’objectif ne devrait-il pas être que les comportements à problèmes  soient détectés avant que les transactions aient lieu?

Un compte dans UBS Singapour semble avoir joué un rôle clé dans des transactions suspectes de, et vers BSI en 2014. Le fait que la Finma a toujours quatre procédures ouvertes laisse penser qu’une large partie de l’affaire 1MDB reste encore à clarifier.

Encore une fois, ce pénible scandale  fait apparaître que la lutte anti-blanchiment n’a pas toujours été menée avec toute la rigueur requise. A bien des niveaux. Il ne serait guère étonnant que les autres procédures fassent aussi ressortir des dysfonctionnements d’ordre individuel plutôt qu’institutionnel. Est-ce moins grave pour autant? N’y a-t-il pas un moment où la limite entre les deux n’a plus vraiment de sens?

L’effet de répétition dépasse également  les cas relevant de la Loi sur le blanchiment. Après le scandale des taux Libor, l’efficacité des mécanismes de contrôle – d’abord pour éviter les abus, mais aussi pour assurer la conformité – se trouve de nouveau mise en cause. C’est pourtant elle qui représente le premier fondement de la nouvelle réputation bancaire suisse.n


 

 
 

 
 

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