Le déclin de la place financière genevoise clairement documenté

mercredi, 12.10.2016

La dernière enquête conjoncturelle fait état de reculs sensibles sur tous les fronts. 2017 ne sera certainement pas meilleur.

Marjorie Théry

Ambiance morose sur la place financière de Genève. Les apports nets de fonds sont négatifs dans la gestion privée pour 80% des  établissements de plus de 200 emplois. Présentée hier, la dernière enquête conjoncturelle de la Fondation Genève Place Financière (FGPF) fait ressortir que ce ratio a doublé par rapport à l’an dernier. Et les marges sont globalement en baisse.

Les activités financières dans le canton représentaient encore 17% du produit intérieur local  l’an dernier (PIB). Elles ne comptent plus que pour 15%. Loin des 20% et quelques d’un passé encore récent. Pour Yves Mirabaud, président, «la compétitivité ne se décrète pas». Ce ne sont pas les auteurs du classement mondial des places financières les plus performantes (Z/Yen Group) qui le contrediront. Genève était sortie du Top 10 en septembre 2014, ce qui n’était pas passé inaperçu. C’est à la 23e place qu’elle pointe aujourd’hui. On pourra toujours se dire que place reste considérée comme global leader, la Suisse conservant son premier rang dans la gestion de fortune offshore. Dérisoire consolation.

La tendance n’est-elle pas à l’onshorisation des activités? Le phénomène se reflète toujours plus dans l’évolution de l’emploi. Le dernier baromètre de Swissbanking indiquait le mois dernier que les banques avaient supprimé 3500 emplois en Suisse depuis le début de l’année, mais en avaient  créé 6700 à l’international.

Mauvaise nouvelle de l’enquête à Genève: 75% des banques, et les plus pourvoyeuses d’emplois, pensent réduire leurs effectifs sur place l’an prochain.

Après des décennies de capitalisation sur la compétitivité précisément, la continuité politique, la stabilité des banques de gestion, c’est peu dire que les choses n’évoluent pas actuellement dans le bon sens.

Ou plutôt: l’incertitude dans les conditions cadres persiste, tandis que la place financière en tant que lobby peine à faire bouger les lignes. Yves Mirabaud ne veut évidemment pas céder au défaitisme. Dans cette phase difficile, c’est à chaque entité de prendre le taureau par les cornes pour s’adapter. page 4


 

 
 



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