Le réchauffement climatique pèse aussi sur l’industrie du café

lundi, 10.10.2016

Le sommet mondial qui a eu lieu en fin de semaine dernière à Genève a évoqué différentes mesures d’urgence possibles.

Nicolette de Joncaire

Plus de la moitié du café mondial est négocié en Suisse, où cette activité compte pour 1% du PIB. Les centrales d’achat des plus grands distributeurs - Starbucks, Keurig, Nestlé - sont localisées  à proximité de Lausanne. Les purs négociants (Ecom, Olam, COFCO, Volcafé, Louis Dreyfus ou Sucafina) sont aussi établis dans la région. Une présence considérable reflétée dans l’ampleur de la conférence organisée en fin de semaine dernière par l’Association suisse des négociants en café (SCTA) à Genève, sous l’égide de son président, Nicolas Tamari, et de son vice-président, Cyrille Jannet. Priorité au changement climatique. Il menace la géographie du café et de ce fait son approvisionnement. Corollaire, peu d’industries se montrent plus préoccupées par ce  phénomène. Le monde des affaires et l’univers académique parlaient, pour une fois, un langage identique et les débats des deux panels – le premier sur le futur du négoce et le second sur l’impact climatique – reflétaient précisément les mêmes inquiétudes.  

Toutes les enquêtes pointent dans un sens. L’ensemble des régions productrices sont touchées. Une moitié d’entre elles ne seront plus à même de cultiver la graine d’ici vingt à trente ans. Le déclin affecte déjà l’Arabica, cultivé en Afrique centrale et de l’est, en Amérique Latine, en Inde et en Indonésie. Le Brésil, premier exportateur mondial, pourrait voir sa production chuter de 20 à 25% d’ici 2050. Entre élévation des températures (une variation d’un demi-degré fait la différence), longues sécheresses ponctuées de pluies torrentielles et essor des parasites et des maladies, la culture du café est gravement compromise.

D’intermédiaires, les négociants sont devenus de véritables gestionnaires de la chaîne d’approvisionnement pour soutenir la transition environnementale et sociale des producteurs. Ce qui signifie, pour certains,  une assistance à plus d’un million de fermiers dans des centaines de régions isolées. Problématique d’une grande complexité. page 3


 

 
 



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