La surrégulation déstabilise les banques sur le marché de la dette

vendredi, 23.09.2016

Les détenteurs d’obligations bancaires sont particulièrement bien placés pour se rendre compte que la visibilité est nulle.

Piotr kaczor

La volonté et les mesures déployées par le secteur bancaire ces dernières années pour améliorer les dotations en capital devaient bénéficier à l’investisseur. Y compris centré sur la dette et les obligations.

Rien n’est gagné pourtant sur ce plan, comme l’a montré hier Guido Versondert, de l’agence de rating I-CV. L’une des rares en Suisse à être financée par les investisseurs eux-mêmes. C’était au Swiss Bond Congress à Zurich.

Les objectifs de dotation très ambitieux, à l’horizon de l’année 2019, mis en place depuis la crise financière sous le régime de Bâle III, en particulier par les banques européennes, induisent pourtant des effets secondaires problématiques.

Si les banques européennes enregistrent en moyenne un coefficient de fonds propres durs de 12,2% (moyenne 2015), la situation est très variable selon les Etas, avec des ratios de 11,1% pour l’Europe méridionale, à peine mieux pour l’Allemagne (11,9%), 13,9% en Suisse, et 18,7% pour les banques scandinaves. L’accent mis  sur le réglementaire pour protéger les dépôts et mettre préalablement à contribution les actionnaires et créanciers (bail-in) en cas de difficultés, assure une plus grande protection, mais seulement  pour l’Etat et les contribuables. «Ceux qui doivent assurer cette protection, c’est vous-même en tant que créanciers obligataires», a rappelé  Versondert.

Il s’agit dans ces conditions de tenir compte non seulement de la solvabilité, mais aussi des implications des différents instruments figurant dans les bilans.

Toute une série de contraintes régulatoires, issues des dispositions de Bâle III en particulier, rendent  le secteur bancaire foncièrement   instable alors que l’objectif était précisément de le stabiliser en le sécurisant.

La réévaluation des modèles de risque de crédit et de risque de marché devrait ainsi donner lieu à une nette augmentation des exigences de dotation en fonds propres. Ce qui n’exclut pas les opportunités d’investissement, notamment au niveau des obligations subordonnées d’établissements... solides.

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