Ce marché suisse si trompeur

vendredi, 23.09.2016

Philippe Rey

Un arbre peut cacher toute une forêt. Surtout si l’on prend aujourd’hui les indices du marché suisse des actions. On pourrait croire que les entreprises qui y sont listées traversent une médiocre ou mauvaise année. Voir la triste performance du SMI et du SPI depuis janvier, alors que le marché américain a déjà rejoint ses  niveaux records (S&P 500, Dow Jones et Nasdaq réunis).

Une majorité d’entreprises suisses sur Swiss Exchange enregistrent pourtant de nettes hausses, de 30% et davantage parfois. Le titre VAT Group a même grimpé de plus de 70% depuis l’IPO d’avril dernier. Looser Holding de plus de 100%.

Personne n’aurait parié sur de telles progressions ponctuelles en début d’exercice. Même s’il est vrai qu’une hausse spectaculaire succède souvent à une baisse préalable très prononcée... 2016 est en fait une bonne année pour l’instant, et pour bon nombre d’entreprises. L’écart entre le marché «réel» et ses indices vient bien entendu des contre-performances remarquées de plusieurs valeurs importantes, ou segments cette année. Dans la banque, le luxe, la pharma.

Avec des blue chips malmenés comme Credit Suisse, UBS, Baer, Novartis, Roche, Richemont, Swatch... excusez du peu. Ou encore Adecco, Swiss Re, Zurich dans une moindre mesure. Il est vrai que des reculs prononcés succèdent souvent à de grandes  avancées...

Le marché brûle d’ailleurs souvent ce qu’il adoré la veille. On le voit sur certaines valeurs de l’industrie du luxe et de l’horlogerie. Mais on sait aussi que le phénix renaît toujours de ses cendres.

Les hausses survenues cette année signifient sans doute que pas mal de titres s’avèrent hors de prix malgré une prime de risque d’environ 6% sur l’ensemble du marché. Plutôt confortable mais par rapport au niveau anormalement bas des taux. Il n’existe plus d’aubaine. Ou presque, ce qui incite à la prudence. Une baisse soudaine de l’ordre de 15% à 20% reste possible pour une raison ou une autre au regard des prix actuels mais dans une tendance intacte à long terme.  Les marchés haussiers naissent dans le pessimisme, disait Templeton. Croissent dans le scepticisme, parviennent à maturité dans l’optimisme et meurent dans l’euphorie. On ne peut guère parler d’euphorie actuellement.n


 

 
 



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