Prévoyance vieillesse: les jeunes foncent naïvement

mardi, 20.09.2016

Sondage. Seuls 52% des Suisses utilisent le 3e pilier comme outil d’épargne en vue de la retraite.

Veronica Weisser,

Le système de prévoyance suisse est sous pression. L’AVS affiche des résultats de répartition négatifs et les degrés de couverture des caisses de pension reculent de nouveau. Parallèlement, la rémunération attribuée aux assurés dans le deuxième pilier est minime.

Un nouveau sondage représentatif, le «Monitoring UBS 2016 de la prévoyance», réalisé en collaboration avec gfs-zürich, a étudié pour la première fois les attentes financières vis-à-vis de la prévoyance et les possibilités liées à la prévoyance privée, au patrimoine librement disponible et à la proportion d’épargne individuelle.

Les résultats montrent que ces attentes sont particulièrement élevées chez les jeunes générations - malgré l’avenir incertain du système de prévoyance. Ainsi, 67% des personnes interrogées tablent, une fois à la retraite, sur des revenus correspondant à plus de 70% du dernier salaire.

Près d’un tiers parie même sur plus de 90%. Les attentes financières décroissent à mesure que l’âge des personnes interrogées augmente. En comparaison régionale, il apparaît clairement que les Romands et les Tessinois ont plus d’attentes que les Suisses alémaniques.

 Comme il est impossible de répondre à ces espérances exagérées, le pilier 3a joue un rôle de plus en plus important. Néanmoins, seuls 52% des Suisses interrogés utilisent le 3e pilier comme outil d’épargne en vue de la retraite.

La première raison citée par ceux qui y recourent est la possibilité d’épargne fiscale.

La deuxième raison est la nécessité de compléter les 1er et 2e piliers. L’absence de pilier 3a est principalement justifiée par un trop faible revenu ou par un travail à temps partiel.

Aujourd’hui, au vu de l’incertitude qui règne sur les prestations à long terme, l’épargne pour la prévoyance privée dans le pilier 3a est pourtant plus importante que jamais.

Toutefois, le pilier 3a s’avère extrêmement compliqué. En effet, il faut assurer un placement le plus sûr possible pour ces avoirs de prévoyance.

Or les taux sur les placements sûrs traditionnels, tels que les obligations de la Confédération, sont négatifs, d’où une perte pour les épargnants.

Par ailleurs, les rendements des comptes d’intérêts 3a ont nettement chuté, passant de plus de 2% en 2010 à 0,5% en moyenne aujourd’hui.

Les épargnants pour la prévoyance veulent augmenter leurs rendements, mais l’environnement de faibles taux les contraint à reconsidérer la situation.

L’horizon de placement à long terme est favorable à l’épargne-prévoyance liée. Chez les jeunes, il peut atteindre 30, voire 40 ans et, dans le cadre du pilier 3a, il permet d’investir dans des titres comme des actions, qui promettent un rendement nettement supérieur à celui des liquidités ou des obligations d’Etat à long terme.

Sur la base des simulations de sa recherche, UBS a calculé que, jusqu’à 45 ans, il est possible d’investir dans des solutions de placement avec une part d’actions de 75% sans encourir de risque de perte trop important.

C’est après seulement qu’il convient de réduire progressivement cette part lors des versements ultérieurs dans le pilier 3a.

En résumé, la formule pour une prévoyance vieillesse sans souci s’énonce comme suit: ne pas compter (uniquement) sur l’Etat, épargner soi-même dans le pilier 3a avec une part élevée d’actions, puis miser sur la sécurité.

économiste et spécialiste

en prévoyance d’UBS 


 

 
 



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