La nouvelle normalité horlogère passera aussi par les ateliers

jeudi, 15.09.2016

Richemont. Le président Johann Rupert a été optimiste mais très clair hier lors de l’assemblée générale à Genève.

Stéphane gachet

Au moment où des questions importantes se posent sur l’avenir du luxe et de l’horlogerie telle qu’elle est pratiquée en Suisse, Johann Rupert, président du groupe  Richemont à Genève, pose déjà des jalons pour la prochaine décennie. Peut-être même au-delà.

Lors de l’assemblée générale d’hier, il a proclamé que l’activité pouvait compter sur des fondamentaux solides à long terme. Il est pourtant indispensable d’intégrer ce qu’il a qualifié de «nouvelle normalité».

Sémantique à prendre au sérieux. Il s’agit de la fin de plus de trois décennies de (re)construction, l’achèvement aussi de près de deux décennies de croissance tout à fait débridée.

Johann Rupert n’a pas détaillé les mesures concrètes à venir, mais il est clair que l’ajustement de l’offre  ne se fera pas sans recalibrer l’appareil de production. En Suisse en particulier, où les coûts seront toujours un peu plus pesants qu’ailleurs.

L’exemple très classique de l’industrie sidérurgique a été utilisé à plusieurs reprises. Il faut donc s’attendre à d’autres annonces dans la lignée des restructurations déjà menées chez Cartier, Piaget et Vacheron Constantin.

Richemont a aussi été le premier à revendiquer une stratégie conséquente de préservation de la distribution, avec la reprise ciblée de stocks chez les détaillants. Le groupe, qui a aussi été pionnier du retail intégré, accélère maintenant la réduction de son réseau, pas seulement chez Cartier. Johann Rupert a enfin évoqué un ajustement du conseil d’administration, qui comptait vingt membres hier, peut-être pour la dernière fois en AG.

Le pionnier du luxe Alain-Dominique Perrin ne s’est pas présenté à la réélection. Des annonces sont prévues en novembre, lors de la présentation des résultats intermédiaires, dans le sens d’un allègement et d’un rajeunissement.

Sur le court terme, Rupert s’est  surtout félicité de ne pas avoir cédé aux appels du marché à redistribuer la réserve de cash (plus de 4,8 milliards d’euros fin mars) dans un share buyback massif.


 

 
 



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