Energies renouvelables: l’heure de vérité approche

mercredi, 14.09.2016

Sortir la Suisse du nucléaire et réduire la consommation: deux objectifs très difficiles à atteindre.

Patrick Eperon

Le Conseil national vient d’abaisser de 3 milliards de kilowattheures la valeur indicative de développement des nouvelles énergies renouvelables d’ici 2035.

D’ici la fin du mois, le Parlement bouclera la première étape de la Stratégie énergétique 2050 (SE-2050). Cette stratégie vise un double et très ambitieux objectif consistant, d’une part, à sortir à terme la Suisse du nucléaire (environ 37% de notre production d’électricité ces cinq dernières années) et, d’autre part, à réduire notre consommation d’énergies fossiles (environ 65% de notre consommation finale d’énergie ces cinq dernières années).

Ce double objectif sera très difficile à atteindre, même si notre consommation d’énergie a diminué de 4,5% entre 2005 et 2015, alors même que la population résidante de notre pays a augmenté de près de 12% durant cette période.

En effet, la part des énergies fossiles est résistante à la baisse, du fait de l’importance durable des carburants pour répondre à nos besoins de mobilité et du remplacement partiel du mazout par le gaz.

Par ailleurs, notre consommation d’électricité a un peu augmenté ces onze dernières années et, notamment, entre 2014 et 2015, alors qu’elle est censée se stabiliser d’ici 2020.

Compte tenu du fait que l’efficience énergétique s’est déjà beaucoup améliorée, notamment dans l’industrie, comme l’atteste l’évolution divergente entre la baisse de notre consommation d’énergie et la croissance de la population de notre pays, une bonne partie des espoirs d’atteindre les objectifs de la SE-2050 repose sur les nouvelles énergies renouvelables (éolien et photovoltaïque).

Or le Conseil national vient d’abaisser de 3 milliards de kilowattheures la valeur indicative de développement des nouvelles énergies renouvelables d’ici 2035, soit une baisse de pas moins de 21% par rapport à la valeur planifiée initialement.

En ce sens, le conseiller national R. Nordmann a reconnu, lors d’un récent débat à Lausanne, que l’énergie éolienne ne produirait pas les quantités d’électricité planifiées. Un aveu inévitable, puisque les 37 éoliennes en activité en Suisse ont produit moins de 0,2% de notre courant en 2015.

La situation est un peu meilleure sur le plan des panneaux photovoltaïques, puisque près de 50’000 installations ont contribué à raison de… 1,75% à notre production de courant en 2015.

La différence entre le nombre d’installations photovoltaïques installées et leur production annuelle résulte notamment du temps de production électrique de ces dernières, calculé sur toute la durée de leur exploitation, temps qui se limite à 945 heures par an, alors qu’une année compte pas moins de 8’760 heures.

Par ailleurs, il est piquant de relever que le «miracle de la transition énergétique allemande» repose bien davantage sur les éoliennes que sur les panneaux photovoltaïques.

Reste donc à répondre aux partisans honnêtes de la SE-2050 qui reconnaissent les limites de cette dernière, mais mettent au défi les opposants ou les sceptiques de proposer autre chose.

A notre sens, la méthode la plus efficace pourrait consister dans la production d’électricité décentralisée avec des couplages chaleur-force, fonctionnant avec du gaz.

Centre patronal


 

 
 



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