L’assurance complète devenue trop risquée pour les prestataires

mardi, 13.09.2016

Prévoyance. Les assureurs restreignent les nouvelles affaires souscrites malgré une vigoureuse demande des entreprises.

Christian Affolter

Le constat principal du rapport annuel de la Finma sur l’activité des assureurs dans le domaine du deuxième pilier est très éloigné de ce que l’on entend en général. Les compagnies d’assurances n’engrangent pas d’énormes bénéfices sur le dos des assurés. Si c’était le cas, elles seraient nombreuses à vouloir attirer de nouveaux clients. Or, selon la Finma, c’est exactement le contraire qui se produit.

Il ne s’agit pas non plus seulement d’un simple effet momentané renvoyant à la crise actuelle des taux et des marchés. Les six assureurs-vie proposant des solutions de prévoyance professionnelle en assurance complète sont globalement réticents à souscrire de nouveaux contrats avec les entreprises. Soit Allianz, AXA Winterthur, Bâloise, Helvetia, PAX, Swiss Life. Ils étaient vingt il y a vingt ans. Le dernier en date à être sorti fut Zenith Vie fin 2014 (faillite).

Le volume de primes en vie collective n’a augmenté que de 0,7% en 2015, soit plus de la moitié moins que l’année précédente (1,5%), déjà nettement plus faible qu’entre 2011 et 2013 (+5,4% annualisés).

Les raisons sont en partie similaires à celles valant pour tout contrat d’assurance-vie, individuelle ou collective. Les taux bas, voire négatifs, conduisent à éviter autant que possible le risque de devoir assumer des prestations garanties qui se révèlent trop élevées.

Il n’y a pas en revanche d’affaiblissement de la demande pour la solution zéro soucis du point de vue des entreprises. Elle dépasse l’offre.

Il y a surtout des paramètres plus spécifiques comme l’obligation de redistribuer au moins 90% du processus d’épargne, de risque et de frais aux preneurs d’assurance (Legal Quote), respectée au-delà du minimum selon les calculs de la Finma.

De plus, les assureurs  doivent composer avec les taux trop élevés dont souffre toute institution de prévoyance du deuxième pilier. Soit un taux de conversion dans le domaine obligatoire toujours bloqué à 6,8%, et un taux technique qui doit être régulièrement adapté. page 4


 

 
 



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