Comment les green bonds s’imposent

vendredi, 01.07.2016

Marjorie Théry

Les green bonds auraient pu n’être qu’un produit parmi d’autres dans la boite à outils des convaincus de la finance durable. Ils ont pourtant pris une toute autre dimension. Le segment a enregistré une accélération des émissions ces derniers mois, sans compter une profusion de rapports des plus grandes banques internationales sur ce sujet. Il est question d’atteindre plusieurs centaines de milliards de dollars vers 2020.

Depuis la première émission d’obligations vertes par la Banque européenne d’investissement en 2007, les green bonds se sont profondément structurés et développés à plusieurs niveaux. La Chine a dépassé les Etats-Unis comme premier émetteur. La seule Shanghai Pudong Development Bank a émis pour plus de 5 milliards de green bonds en début d’année. Ce ne sont plus les gouvernements ou organisations internationales qui dominent, mais les entreprises. Parmi les 20 plus grands émetteurs depuis 18 mois, 13 étaient des entreprises. Et pas forcément des pure players, comme les sociétés d’énergie par exemple, qui ont notamment recours à ces instruments pour financer des projets dans les infrastructures d’énergies renouvelables.

Une des émissions marquantes a par exemple été celle d’Apple au premier trimestre, avec 1,5 milliards de green bonds émis pour des projets autour de produits plus durables. La plus importante émission corporate de green bonds par une entreprise américaine à ce jour.

Plus qu’un simple vernis green, le changement induit par ces obligations tient surtout dans la non fongibilité des investissements. Les sommes investies dans ces green bonds sont affectées à des projets ou des départements spécifiques, définis en amont (use of proceeds). Loin d’une obligation traditionnelle, où l’investisseur n’a aucune idée de l’utilisation finale des fonds.

Ce point de différenciation, couplé à une demande accrue de transparence et du reporting, pourrait avoir une répercussion sur le reste du marché obligataire: à côté des obligations Novartis traditionnelles par exemple, peut-être verra-t-on un jour des obligations Novartis dédiées uniquement à l’oncologie, aux génériques ou à la télémedecine.n


 

 
 

 
 

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