Ne nous racontons pas d’histoires

jeudi, 30.06.2016

François Schaller

Paris, Francfort, Luxembourg?… Par ici les activités financières orientées continent européen. Il est troublant d’entendre et de lire depuis le début de la semaine des commentaires et déclarations d’intention d’une grande élégance venant des nouveaux «concurrents» de la place industrielle et de services britannique.

Comme si cette rivalité n’avait pas existé avant. Comme si la City avait rendu l’âme et qu’il ne s’agissait plus que de la dépouiller. Ou qu’il n’était pas possible de développer un cluster (financier ou autre) en dehors de l’Union. Comme si, surtout, l’UE avait vocation à être, ou à devenir une vaste forteresse protectionniste en dehors de laquelle le succès économique serait devenu impossible.

Il est plus étrange encore, pour ne pas dire incompréhensible d’entendre ce qui se dit ici dans un registre très comparable. A Genève en particulier, mais pas seulement. L’idée que le Brexit pourrait précipiter des délocalisations de Londres vers la Suisse. Dans le domaine financier, le trading ou parmi les quartiers généraux de multinationales. Mais pourquoi une entreprise se retrouvant tout d’un coup hors périmètre de l’Union irait-elle vers une autre destination également hors UE? La réalité, c’est que la concurrence entre les deux sites devrait encore s’accentuer.

En matière de localisations, comme d’allocation d’actifs, la Suisse apparaissait comme la seule alternative à l’UE en Europe. Une diversification. Le Royaume-Uni va devenir une autre alternative, plus autonome qu’avant dans ses conditions-cadres. I

Il n’est pas exclu que des entreprises britanniques affluent vers Genève et Zurich, mais le contraire semble à ce stade tout à fait possible également. Il a été dit avant le référendum, dans L’Agefi en particulier, que la Suisse n’avait a priori rien à gagner économiquement avec le Brexit. Le raisonnement n’a pas changé.

Le Royaume-Uni va probablement faire ce que la Suisse a fait dans les années 1990. Se mobiliser politiquement pour devenir plus performant et beaucoup plus attractif. Son avantage linguistique va faire le reste s’agissant également d’attirer des activités lointaines en Europe, mais hors Union Européenne. Il n’est pas certain que les Suisses soient actuellement en état de réagir sur le plan politique.n



 
 
 

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