Le pétrole et son prix d’équilibre

vendredi, 10.06.2016

François Schaller

La bonne nouvelle en Suisse, c’est que les derniers chiffres mensuels du chômage parus hier donnent l’impression que sa progression est en voie d’essoufflement. Il est même question de reflux. Impossible toutefois d’en tirer des conclusions convaincantes. L’économie mondiale, dont tout finit par dépendre s’agissant de reprise conjoncturelle, ne continue-t-elle pas d’émettre des signaux contradictoires? Entre les Etats-Unis et leur problématique de taux, la Chine et ses statistiques, l’Europe qui se lance tardivement dans un quantitative easing allant cette semaine jusqu’au parcage d’obligations d’entreprises pour retenir une déflation elle-même découplée d’un risque récessif surmonté… Où sont les indicateurs clés? Sur quoi faut-il se concentrer? Quelle sera la locomotive du prochain cycle?

C’est peut-être du côté du pétrole que des choses peuvent se passer (on parle de choses, pas de miracle). Après être descendu de 100 à près de 25 dollars en à peine deux ans, sa remontée depuis le début de cette année n’est guère moins spectaculaire. Le niveau des 50 dollars vient d’être passé. Si la progression se poursuivait à ce rythme, elle devrait assez vite (re)poser à son tour des problèmes. On les voit déjà dans ce qui apparaît précisément, et sans surprise comme le moteur à l’échelle du monde: les émergents, leur étendue, leur potentiel de rattrapage, leurs enviables taux de croissance. L’énergie y joue encore le rôle central qu’elle a beaucoup perdu dans les économies davantage orientées services et durabilité.

D’où cette question, que l’on n’a probablement pas fini d’entendre: à quel niveau de prix le pétrole favorise-t-il à la fois l’industrie émergente, les producteurs désasphyxiés, l’exploration et les investissements (y compris dans le schiste américain), la consommation dans les Etats développés (bien que peu sensible dans la mesure où les prix sont surtout des taxes)? Une sorte de prix d’équilibre. En sachant bien entendu qu’il ne se décrète pas, qu’il s’agit d’une image et que l’optimal (s’il existe) ne s’obtiendrait que quelques minutes. Il n’est d’ailleurs pas impossible que ce niveau ait été atteint aujourd’hui déjà. Revenir à 100 dollars et plus ferait des heureux parmi les producteurs (pour la transition énergétique également), mais ce ne serrait certainement pas dans l’intérêt général.n






 
 

AGEFI



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