Votations: le devoir assumé de gagner sa vie

lundi, 06.06.2016

Pierre Bessard

Le net rejet des deux initiatives populaires extravagantes du week-end, une rente d’Etat inconditionnelle et un service public à l’ancienne, a été accueilli avec un certain soulagement: le travail et l’effort personnel demeurent la source légitime d’un revenu. Et il est reconnu que les entreprises en concurrence offrent un service au public supérieur à celui de monopoles lourdement subventionnés. Il n’empêche que ces objets auront détourné l’attention, une fois de plus, de défis politiques autrement plus sérieux. On pense aux déséquilibres de la prévoyance vieillesse et à la nouvelle explosion annoncée des primes d’assurance maladie. Ou encore à l’abus de la démocratie directe à des fins de marketing, que pourrait corriger le relèvement du nombre de signatures requises pour les initiatives populaires.

Le répit sera d’ailleurs de courte durée. Dans un peu plus de trois mois, le 25 septembre, ce sont deux nouvelles initiatives anti-économie qui seront soumises au vote, l’une sur l’économie «verte», qui vise de facto une économie planifiée, l’autre sur une hausse linéaire de 10% des rentes AVS. Et le pipeline n’est pas près de se tarir. L’initiative sur l’AVS des syndicats et des socialistes serait néanmoins l’occasion pour ses opposants de faire passer un autre message: les jeunes générations sont les grandes perdantes des paramètres actuels. Sans ajustement de l’âge de référence, le déficit de financement du premier pilier se traduirait par une hausse insupportable de la charge fiscale. Au détriment du pouvoir d’achat et de l’emploi.

Que plus d’un cinquième des votants (34% à Genève) ait affiché, hier, une velléité revendicatrice d’assistanat inconditionnel au moyen d’un revenu de base augure de la nécessité de ce discours. Les réformes ne sont pas acquises. Chez trop de citoyens, la mécanique de la redistribution bénéficie indéniablement de l’attrait superficiel de vivre aux dépens d’autrui, sans que ses faiblesses morales ou incitatives ne soient prises en compte. C’est aussi vrai dans la prévoyance. D’où également l’importance croissante des efforts d’allègement fiscal et de modération réglementaire pour renforcer la liberté d’entreprendre et l’éthique de l’autonomie privée. Il n’en va pas uniquement des fondements de la prospérité, mais de la meilleure politique sociale qui soit: celle qui consiste à faciliter à chacun le devoir assumé de gagner sa vie.






 
 

AGEFI



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