Le secteur bancaire enfin libéré pour une nouvelle consolidation

lundi, 14.03.2016

Mais la fin des ajustements post-secret bancaire et du contentieux fiscal américain laisse la place à d’autres obstacles.

Sébastien Ruche

Le règlement du différend fiscal avec les Etats-Unis et l’ajustement post-secret bancaire du secteur n’ont pas provoqué la nouvelle consolidation annoncée de toutes parts sur la place financière. Les acquéreurs potentiels ne manquent pourtant pas, dans toutes les catégories de la gestion privée. Près de 60% des avoirs déposés en Suisse - soit environ 600 milliards de francs - devraient changer de mains dans les prochaines années. Ceux qui les gèrent ne parviennent plus guère à générer de la marge. Mais les finalisations restent encore peu nombreuses,  pour deux raisons: les vendeurs ont de la peine à s’adapter à la baisse des prix, et de nouveaux risques les tirent encore vers le bas.

Les numéros 1 et 2 de la gestion privée en Suisse vont se montrer particulièrement actifs ces prochaines années. En tant qu’acheteurs et en tant que vendeurs. On ne parle pas ici d’UBS et de Credit Suisse, mais des véritables détenteurs des deux plus importantes parts de marchés sur les avoirs déposés en Suisse: les petites banques et les gérants indépendants (GFI).

Sur ce marché très fragmenté pesant un millier de milliards de francs d’actifs (pour le segment des clients détenant plus d’un million), les établissements de petite taille ou ceux possédant de modestes divisions de private banking détiennent 44% des avoirs déposés en Suisse. Ce qui fait d’eux, collectivement, l’acteur numéro 1 de la gestion privée, suivi d’assez loin par le secteur des GFI, qui gère entre 15% et 17% sur ce segment.

Ces estimations sont de Julius Baer. Viennent ensuite UBS (13%) et Credit Suisse (10%).

Les gérants de quelque 60% du marché - petites banques et GFI - souffrent particulièrement sur leurs marges et devront trouver des solutions.

Selon Baer, les transactions restent bloquées soit parce que le vendeur ne réalise plus de goodwill aux prix actuels, soit parce que l’acheteur veut s’assurer que la clientèle est fiscalement conforme. Même dans des marchés pour lesquels ce critère n’était pas prioritaire. Il pourrait simplement... le devenir. page 3






 
 

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