L’hôtellerie face à son alternative

mardi, 08.03.2016

Airbnb. Progression spectaculaire en Suisse. L’attitude des hôteliers est bien différente de celle des taxis face à Uber.

Tiago Pires

Airbnb enregistre une croissance spectaculaire dans le monde. En Suisse aussi. Lors du dernier rendez-vous destiné aux professionnels du tourisme à Sierre, des chercheurs de la HES-SO Valais se sont appliqués à saisir le phénomène.

Depuis 2014, l’offre a plus que doublé en termes d’objets loués, c’est-à-dire en location de chambres ou d’appartements: de 6033 ce chiffre est passé à 12.937. Entre octobre 2014 et 2015, le nombre de lits proposés est passé de 20.841 à 33.374, soit une augmentation d’environ 60%. Roland Schegg, professeur et co-auteur du rapport, prévoit une croissance continue, mais à un rythme plus faible. Il table sur 20.000 à 25.000 objets loués cette année. La progression des locations s’observe notamment dans les cantons de Zurich (2117), du Valais (1737), de Genève (1633) et Vaud (1437).

Avec les cantons de Berne, Bâle-Ville et les Grisons, ces régions représentent environ 80% de l’offre Airbnb en Suisse. Les chercheurs de la HES estiment un volume d’au moins un million de nuitées en 2015 en Suisse.

Face à ce succès rapide, la résistance s’organise. Les hôteliers mènent un important travail de fonds visant à optimiser les conditions cadre du secteur. Au contraire du conflit entre Uber et les compagnies de taxi, les enseignes hôtelières demandent une égalité de traitement sans renoncer à l’évolution technologique. Certaines communes comme Montreux et Berne exigent la récupération des taxes de séjour, à l’image de l’accord signé entre la ville de Paris et Airbnb.

Les politiciens se sont aussi saisis du dossier en déposant des motions. L’Association romande des Hôteliers va d’ailleurs sensibiliser les cantons à cette problématique d’ici la fin du mois.     Suite page 8






 
 

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