UE et Brexit: la Suisse n’a rien à gagner

lundi, 22.02.2016

François Schaller

Dix-sept semaines. C’est le temps qu’il reste avant d’être fixé sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Ce sera aussi la durée de la campagne politique pour ou contre le Brexit. Empoignades en continu, surenchères, invectives  très suivies sur tout le continent. En Suisse en particulier, avec cette question sous-jacente: vaut-il mieux pour les intérêts de la Confédération que le Royaume-Uni reste, ou sorte de l’UE?

La Suisse n’a apparemment rien à gagner, tout à perdre au contraire sur le long terme dans cette affaire. La Grande-Bretagne confirmée dans l’UE, les Européens comprendront moins encore que la Suisse persiste à ne pas vouloir y entrer. Quant aux concessions qui ont été accordées en fin de semaine dernière à Cameron, on peut dire qu’elles n’ont rien à voir avec ce dont il est question depuis plus de  vingt ans s’agissant de la Suisse.

En matière financière et d’immigration spécialement. Le libre établissement des continentaux sur le territoire britannique lorsqu’ils y obtiennent un emploi n’a plus  été remis une seule fois en question par Cameron depuis des mois. Et la City continuera d’être régulée entre Bruxelles (surtout) et Francfort (un peu), comme le veulent les Européens (la France en premier lieu).

Le Royaume-Uni sorti de l’UE, ce serait évidemment un choc considérable pour les institutions européennes et leurs adeptes. Avec des conséquences difficiles à prévoir sur le long terme. La Suisse se sentirait peut-être un peu moins seule en Europe, ce qui pourrait lui donner davantage d’assurance. Dans l’immédiat toutefois, et pendant plusieurs années, il est probable que la tentation des représailles prendrait le dessus sur les remises en questions du côté de Bruxelles.

L’UE se sentirait toute légitimité de faire regretter leur décision aux Britanniques. Avec plus encore d’exagération et d’intransigeance envers la Suisse s’agissant de simplifier des rapports bilatéraux de voisinage  considérés aujourd’hui déjà comme de grandes affaires géopolitiques.

On peut retourner les choses dans tous les sens: les Suisses ont tout intérêt à être entourés d’une Union européenne unie et sûre d’elle. C’est parce que l’UE est faible et divisée qu’elle ne parvient pas à avoir des relations normales avec la Suisse.n






 
 

AGEFI



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