Environnement fintech favorable

mercredi, 09.12.2015

Six raisons fondamentales qui font de la Suisse un terrain hautement propice au développement de cette industrie.

Philip Maguire

Partout dans le monde, les nouvelles technologies bouleversent profondément la plupart des modèles économiques existants. La Suisse et son secteur financier ne font évidemment pas exception.
Pour beaucoup cependant, ils seraient en retard dans la révolution numérique. En tout cas sur le plan des technologies financières. Si c’était le cas, le moins que l’on puisse dire est qu’un rattrapage est possible.  Toutes les conditions ne sont-elles pas réunies pour exceller dans ce domaine? Pour faire de la Suisse l’un des principaux hubs dans le fintech.
1) Le pays le plus innovant du monde. Année après année, la Suisse est désignée numéro un par différents classements, tels que le Global Innovation Index, co-publié par l’Université de Cornell, l’INSEAD et l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle. La Suisse est en particulier louée pour les liens étroits entre gouvernement, secteur privé et hautes écoles, formant un terreau unique de compétences métiers et de compétences techniques.
Un tel écosystème s’avère donc extrêmement intéressant dans un contexte ou l’arrivée des technologies numériques dans des secteurs tels que la banque et la finance incitent les forces créatives de l’économie à se mobiliser.
Attention toutefois de ne pas mélanger excellence dans l’innovation et création d’entreprises innovantes, domaine dans lequel la Suisse peut et doit encore progresser, en particulier du côté des facilités de financement.

2) Un «Hub» mondial pour la sécurité des données. Fin du secret bancaire ou pas, la Suisse demeure un lieu de référence pour la gestion et la protection de l’information. Outre les avantages liés à l’image du pays en général (stabilité politique, discrétion, fiabilité), les récentes affaires d’espionnage économique mondiales ont poussé de nombreuses entreprises à questionner la sécurité de leur «data», qu’il soit confidentiel ou non. Avec des conditions cadre et un environnement juridique favorable, la Suisse devient un lieu extrêmement attractif pour relocaliser des données mais aussi pour de nombreuses sociétés actives dans les fintech, chez qui la protection de ces mêmes données revêt un caractère essentiel. Par ailleurs, les pressions de pays tels que les Etats-Unis sur le cryptage de l’information, aspect lui aussi central des technologies financières, ne fait que renforcer cet état de fait.

3) Une riche tradition bancaire et financière. La place financière suisse est depuis longtemps bien positionnée au plan mondial. Etablissements renommés, personnel hautement qualifié, infrastructures financières modernes et efficientes, respect de la sphère privée ne sont que quelques unes des qualités qui la caractérisent. Pour cette raison, les acteurs des fintech en Suisse se doivent d’exploiter cet écosystème de qualité plutôt que de tenter de le «cannibaliser». Comme l’expliquait Guillaume Dubray, Managing Partner de la plateforme de financement Polytech Ventures à Swissinfo, les fintech suisses ont beaucoup plus à gagner en fournissant des solutions numériques aux banques plutôt qu’en entrant en concurrence avec elles.

4) Des clients demandeurs et connectés. Les demandes du client 2.0 évoluent. Il attend notamment des solutions mobiles, un accès facilité aux monnaies virtuelles, aux financements, aux informations boursières... L’engouement des banques et du monde financier est proportionnel aux attentes (élevées) des consommateurs pour ce nouveau type de services qui offrent des opportunités inédites. De nombreux établissements ont d’ailleurs crée leur propre fond d’investissement, leur incubateur, ou participent activement à des programmes d’accélération. Aux acteurs innovants des fintech de se lancer dans la course et de ne pas laisser filer le train de la révolution numérique.

5) Un cadre réglementaire «light» pour les technologies. Un contexte réglementaire adapté est un des éléments essentiels pour le développement d’une start-up fintech. La position de la Finma (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers) relève donc d’une importance capitale. Or Mark Branson, Directeur de la structure, l’a dit et répété: il souhaite une place financière suisse innovante et compétitive, où tous les acteurs du marché bénéficient de conditions identiques, qu’il s’agisse de prestataires bien établis ou de start-up. Selon lui, ce sont les forces du marché et les besoins des clients qui doivent décider du succès ou de l’échec d’un modèle d’affaire, et non les réglementations. La Finma s’est donc engagée à donner à ses règles la forme la plus neutre possible à l’égard de la technologie, afin de ne pas entraver l’innovation. Elle envisage également de créer une nouvelle catégorie de licence bancaire qui serait plus accessible (et notamment moins chère) pour les start-up.

6) Un écosystème dynamique. Le monde des fintech suisses est en effervescence. Cet été, l’incubateur «F10» à été lancé par SIX (bourse suisse) à Zurich. L’assureur Swiss Life a également mis en place sa structure, nommée Swiss Life Lab. A Genève c’est «Fusion» qui a été crée à l’automne et qui accueille déjà une dizaine de jeunes pousses. Lancé par Polytech Ventures et l’éditeur de logiciels bancaires Temenos, Fusion entend créer un écosystème complet réunissant start-up, investisseurs, écoles, banques privées et commerciales. Parallèlement, des associations telles que Swiss Finance Startups ou Swiss FinteCH, qui ambitionne de connecter banques, gouvernement et start-up, ont vu le jour. Mentionnons enfin les programmes de soutien (Venture Lab, Venture Kick), les événements dédiés, tels que le Start-up Weekend de Zurich et le Fintech Connect à Genève et les concours, comme l’UBS Future of Finance Challenge, doté de 300.000 francs de prix, ou le Hackhaton de Postfinance, sur la thématique du futur de la finance. 

*AlpICT à Genève (cluster technologique IT et communication)






 
 

AGEFI



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