La finance durable désapprouve l’initiative contre la spéculation

mercredi, 23.09.2015

Les initiants ne parviennent pas actuellement à convaincre celles et ceux qui devraient les soutenir en première ligne.

Marjorie Théry

L’intention peut être considérée comme louable, mais la méthode ne convainc pas. Elle peut même sembler complètement à côté du sujet. C’est l’avis de plusieurs représentants de ce qu’il est convenu d’appeler la finance durable à Genève, à propos de l’initiative populaire de la Jeunesse socialiste «Pas de spéculation sur les denrées alimentaires». Comme le Conseil des Etats, le National a recommandé la semaine dernière de voter non à cette initiative qui sera soumise au vote populaire l’an prochain probablement.

Plusieurs opérateurs suisses étaient réunis en début de semaine à Milan organisé par Sustainable Finance Geneva, sur invitation de la Ville de Genève à l’Exposition universelle. Thème  général:  l’alimentation.

Pour Aymeric Jung, de Slow Money, «éviter la spéculation financière sur les denrées pourrait être souhaitable, mais l’interdire à l’échelle des entreprises suisses est malheureusement inutile.  Elles se déplaceront.»

Pour Tenke Zoltani, créatrice de la société de conseil Better Finance à Genève, et qui a travaillé dans le négoce de matières premières, la question même de l’influence du trading sur la fixation des prix est erronée. Ils sont bien plus influencés par de mauvaises conditions de production, de stockage, de réseaux ou de météo.

Marie Owens Thomsen, chef économiste de Crédit Agricole Private Banking Suisse, a estimé qu’il fallait mieux favoriser l’innovation.

Depuis cinquante  ans, la production agricole augmente de 2,5% par an en moyenne,  et les prix baissent d’environ 1%. «La manière la plus efficace d’assurer une évolution des prix favorable est de promouvoir la recherche et le développement, qui permettront de délivrer des gains de productivité similaires dans le futur». suite page 10


 

 
 

 
 

Agrandir page UNE

agefi_2015-09-23_mer_01



...