Premières tentatives tangibles de structuration du fintech en Suisse

lundi, 08.06.2015

Le segment semble avoir passé un cap. Les collaborations se développent au-delà du futur incubateur dédié (Genève).

Marjorie Théry

Le segment émergent des fintechs se structure rapidement en Suisse. En fin de semaine dernière avait lieu à Genève le premier Fintech Connect. Objectif: rapprocher ces entreprises des opérateurs bancaires. Avec la participation de plusieurs banques cantonales, de gestion, étrangères en Suisse, Genève étant sans surprise surreprésentée. La rencontre avait lieu dans les locaux du Crédit Agricole Suisse. L’actualité donne d’autres exemples de  structuration, comme le partenariat entre l’éditeur de logiciels bancaires Temenos et Netguardians le mois dernier. Ou la collaboration entre Investglass  et la banque Syz.

Collaboration plutôt que  confrontation. C’est la philosophie adoptée par ces start-up actives dans les technologies financières en Suisse. Les fintechs ne sont-elles pas l’un des domaines  les plus en vue dans les start-up américaines et britanniques ces dernières années?

La plupart sont actives dans l’intégration d’une partie des services bancaires, qualifiée de disruptive. En particulier dans les paiements. L’engouement est assez simple à comprendre: pour le client final, ces fintechs permettent de se passer des banques à moindre frais. A cette motivation pragmatique peut venir s’ajouter le fait que le public a en général peu d’estime pour le secteur bancaire, et pense  entretenir avec le e-banking de moins en moins de contacts directs avec lui.

Le schéma qui s’esquisse en Suisse peut sembler tout à fait différent. Compte tenu d’un potentiel fintech suisse sous-estimé (L’Agefi du 12 mars), la comparaison avec les Etats-Unis ou le Royaume-Uni n’est pas forcément pertinente.  Le fintech n’est-il pas résolument orienté en Suisse vers une approche plus professionnelle (B2B)?

Il s’agit davantage d’apporter des solutions innovantes aux banques plutôt que les «combattre». Compte tenu de l’historique et de la nature de la place financière suisse –  peu portée sur le retail – cette tendance n’a rien de bien surprenant. Le retard pris par la Suisse dans ce domaine restera par ailleurs difficilement rattrapable. page 4






 
 

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