Le nouvel horizon pour les entreprises suisses

mercredi, 03.06.2015

Le prêt participatif complète les outils désormais traditionnels des outils crowd. Une concurrence pour les banques?

Jean-Christophe Desprès, Vincent Pignon*

Avec des plateformes de dons, de levée de fonds en capital, le prêt participatif est la dernière initiative en date avec la plateforme WeCan.fund. A première vue, il s’agit du premier service concurrençant directement le système bancaire. Ce thème sera notamment discuté lors d’une table ronde «Business angels et financement participatif: la fin des banques?», ce mercredi 3 juin lors du salon EPHJ-EPMT-SMT à Palexpo-Genève.

Inspiré par les succès de Lending Club aux Etats-Unis ou de Funding Circle au Royaume Uni, Wecan.fund propose aux PME des prêts rapides et personnalisés.

Fruit du travail de chercheurs issus de la HEG Genève, de l’EPFL et du CERN, l’outil développé par WeCan.fund illustre l’excellence Suisse en matière de fintech, les nouvelles technologies appliquées à la finance. Il s’appuie sur un postulat développé par James Surowiecki, «la sagesse des foules». L’agrégation d’informations issues de la multitude s’avère plus pertinente que les expertises individuelles. C’est cette logique qui a permis à Google de dynamiter, entre autres, le secteur de la publicité en ligne ou à Linkedin de révolutionner les processus de recrutement.

Appliquer ce raisonnement au financement des entreprises emporte des conséquences concrètes. Une société peut dorénavant se voir proposer un taux d’intérêt en moins d’une minute sur la plateforme. Son compte peut être crédité en moins de 72 heures. Le process est léger, rapide et 100% dématérialisé. L’entreprise peut se consacrer à ses missions principales et trouve une solution d’emprunt mais aussi de placement de sa trésorerie. Le financement participatif va encore plus loin en permettant d’animer une communauté, se faire connaître, par son écosystème local, par ses clients ou partenaires potentiels. Ce n’est pas le manque d’argent mais l’ambition qui porte en effet cette démarche.

Les PME suisses n’ont souvent pas le temps ou les ressources pour exploiter le potentiel des réseaux sociaux. Une plateforme de crowdlending doit donc les accompagner dans cette démarche. Ce sujet sera discuté lors de la matinée organisée par Innovaud et la CVCI sur le thème «Crowdfunding et Crowdinvesting: Opportunités et risques» avec notamment une présentation de Vincent Pignon (co-auteur de cet article, ndlr) et de Vincent Etter, chercheur à l’EPFL. Ces travaux permettent notamment d’évaluer les chances de succès d’une campagne de financement. Cette confiance nécessaire au crowdlending implique une volonté de transparence de la part des entreprises; donner un accès étendu aux informations financières, économiques mais aussi évaluer sa réputation sur les réseaux sociaux… tout cela facilite la circulation de la confiance. Comme le montre la théorie des coûts de transaction, la réduction de l’asymétrie de l’information réduit le risque et donc les taux d’intérêt.

A un certain point, le modèle développé est donc plus complémentaire que concurrentiel vis-à-vis des banques. Il s’agit certes pour les entreprises de payer le «bon prix», de ne pas perdre trop de temps à chercher du financement mais l’enjeu est avant tout d’entrer dans un monde nouveau: celui où les approches entre pairs vont déterminer les grands succès économiques et sociaux.

* HEG Genève






 
 

AGEFI



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