La sélection négative et l’exercice des droits de votes actionnariaux

vendredi, 15.05.2015

Investissement durable. L’avancée de ces deux approches accompagne la croissance de 26% du secteur en Suisse.

Piotr Kaczor

Le dynamisme de l’investissement durable en Suisse ne se dément pas. Ce marché a enregistré l’an dernier sa troisième année d’affilée de croissance à deux chiffres, en l’occurrence de 26%, portant celui-ci à un volume d’investissements record de 71,3 milliards de francs. Après une progression de 17% l’année précédente. Une croissance à laquelle les investisseurs institutionnels ont contribué dans une ampleur plus que proportionnelle. Leur part de ce marché s’est rehaussée en un an de 59% à 63%. Et si la part des investisseurs privés a reculé de 41% à 39%, ces derniers n’en ont pas moins aussi vu leurs volumes augmenter. La prédominance des investisseurs institutionnels observée depuis quelques années tend donc à s’accentuer. Plus surprenant, contrairement à une idée répandue, l’investissement durable pratiqué selon une approche de sélection par critères d’exclusion (armes, corruption, industrie atomique, peine de mort, etc.) est en plein essor puisqu’il s’est appliqué à un volume d’investissements de près de 52 milliards de francs, contre un peu plus de 35 milliards en 2013, selon le rapport 2015 publié mercredi par le Forum pour l’investissement durable (FNG Forum für Nachhaltige Geldanlagen). En lien cependant avec d’autres approches plus complexes. En particulier l’exercice des droits de votes dans les assemblées générales (plus de 27 milliards de francs d’investissements contre un peu moins de 17 milliards un an plus tôt). Un changement qui s’explique par l’effet dit Minder, mais aussi, selon Patrick Wirth, responsable de FNG Suisse, par une part d’actions supérieure dans les portefeuilles des investisseurs suisses. Ni le rapport, ni les responsables de FNG ne précisent cependant les contributions respectives de l’afflux de nouveaux fonds et de la performance dans cette croissance (l’indice mondial des actions a bondi de près de 20% l’an dernier). La recherche académique tend à conclure que l’investissement durable ou socialement responsable (ISR) ne génère pas des performances supérieures, mais à des risques tendanciellement moindres.






 
 

AGEFI



...