Les taux négatifs entrent dans la politique monétaire

vendredi, 19.12.2014

La Banque nationale a annoncé la seconde étape dans son combat sans fin pour la défense du franc faible.

François schaller

La décision communiquée hier par la Banque nationale (BNS) d’entrer dans le jeu des taux négatifs pour réduire la force d’attraction du franc sur le marché des changes a été accueillie en Suisse avec une belle unanimité d’approbation.

On la sentait venir depuis quelques semaines (L’Agefi du 26 novembre), mais probablement pas cette année. Le seul problème, du point de vue de la stratégie de défense du plancher du franc contre euro, c’est que la décision, effective dans un mois seulement, ne semble nullement coïncider actuellement avec un épuisement de la méthode de base initiée en septembre 2011 (création monétaire).

La BNS n’ayant cessé de répéter qu’elle était prête à agir indéfiniment, à employer tous les moyens, le taux négatif sur les avoirs en compte de virement peut sembler trop hâtif. On peut tout à fait comprendre que ce signal fort intervienne avant les décisions de la Banque centrale européenne programmée le 22 janvier, et envisagées par le marché comme devant encore affaiblir l’euro. Il s’agit pour la BNS de donner l’impression d’anticiper plutôt que de réagir. Mais pourquoi se priver à ce stade d’une annonce de second recours? Pourquoi ne pas procéder dans l’ordre? A moins que la BNS dispose d’informations particulières venant de la BCE, concernant en particulier son agenda. Cette décision sera en fait surtout interprétée comme un signe avancé portant sur l’euro lui-même.

L’annonce d’hier a suscité d’innombrables réactions en Suisse. Il est déjà possible de prévoir certaines conséquences dans divers domaines. Le secteur bancaire a   précisé que la clientèle grand public et petites entreprises ne devrait pas être impactée.






 
 

AGEFI



...