Communication sectorielle ajustée

jeudi, 11.12.2014

Sébastien Ruche

Pour mieux se faire entendre à l’étranger, le secteur financier en Suisse devrait apparaître comme «une entité harmonisée et coordonnée», proclamait récemment le rapport final du groupe Brunetti (mandaté par la Confédération). Le message est pourtant déjà intégré par les représentants de la branche – Swissbanking en tête – qui orientent leur communication sur l’harmonie et la coordination entre place financière et reste du pays. Les deux étant indissociables, ce qui justifie encore plus de soutenir la seconde.

Jusqu’à récemment, les lobbies bancaires évoquaient régulièrement les risques de pertes d’emplois pour  sensibiliser public et milieux politiques. Le secteur ne représente-t-il pas 10% du produit intérieur, voire davantage avec les retombées indirectes? La portée de cette rhétorique semblait néanmoins dérisoire par rapport aux salaires élevés, aux scandales internationaux de manipulation du Libor ou des devises, voire à l’image de tricheurs généralisés donnée par le programme fiscal américain.

La place financière est aujourd’hui présentée comme utile en premier lieu. Utile au financement des petites entreprises (qui ne cessent pourtant de se plaindre d’être moins soutenues). Utile surtout dans le financement d’infrastructures. Ici, maintenant et pour l’avenir: les réseaux de transport de l’électricité en Suisse, les équipements de sécurisation de données, même la traversée du lac à Genève. Les banques veulent financer tout cela, et pas seulement parce que ces investissements leur permettent de diversifier les placements de leurs clients. La place financière peut même jouer un rôle diplomatique, en finançant l’industrie française, ironise le directeur de Swissbanking Patrick Odier. L’activité financière  se retrouve en fait partout, le plus souvent en petite quantité. Son nouveau mot clé: la capillarité.n






 
 

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