L’imperméabilité russe aux sanctions

mercredi, 10.09.2014

La dette publique est à un plancher record. Les réserves de change sont abondantes et les banques bien placées pour faire face à court terme à des sanctions non liées à l’énergie.

Tomasz orpiszewski geneviève hamende*

Quel sera l’impact des sanctions économiques sur la Russie? Ce n’est pas la première intervention russe aux frontières de l’ex-URSS. En juillet 2008, le conflit entre la Russie et la Géorgie au sujet de l’Ossétie du Sud avait à peine été remarqué par les marchés de capitaux internationaux.

Cette fois-ci, la situation internationale est très tendue et comme la diplomatie occidentale réagit plutôt lentement, il semblerait que des sanctions économiques resteront en place pendant une longue durée. Reste à mesurer le risque d’une crise éventuelle de la dette ou de la devise, d’en quantifier l’impact sur les actifs russes et de décrire l’effet de sanctions réciproques sur l’économie de la Russie et de la zone euro.

L’économie russe est accablée de nombreux problèmes tels qu’un taux d’inflation élevé, une diminution du potentiel de croissance, la corruption et une répartition inégale des richesses. Mais le fait que la Russie soit mal classée en termes de gouvernance ne veut pas dire qu’elle se dirige vers une deuxième crise de ses banques ou de sa devise, comme c’était le cas en 1998 lorsque la Russie a fait défaut sur sa dette extérieure. La situation actuelle est différente puisqu’une gestion budgétaire prudente a fait baisser la dette publique à environ 15% du PIB, contre 99% en 2000.

En réalité, grâce à l’exportation d’hydrocarbures, la Russie a accumulé d’importantes réserves de change et a établi un fonds souverain qui détient actuellement environ 160 milliards de dollars, soit 8% du PIB russe. Cependant, l’aggravation des risques géopolitiques entraine une augmentation des sorties de capitaux et, de suite, une dépréciation du rouble et force la banque centrale à intervenir en vendant des réserves et en relevant ses taux. Par conséquent, au premier semestre 2014, les réserves de change russes ont chuté d’environ 40 milliards de dollars, soit 2% du PIB. suite page 26

*Candriam






 
 

AGEFI



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