L’hémorragie des banques étrangères ne veut pas tarir

mercredi, 30.07.2014

L’effectif a diminué d’un quart depuis 2008. L’analyse de l’importante et influente ABES (association dédiée).

Marjorie théry

160 établissements environ il y a cinq ans, 120 aujourd’hui. Le nombre de banques étrangères en Suisse ne cesse de baisser, en donnant même l’impression que le déclin s’accentue actuellement. Absorptions, transferts, cessations d’activité, peut-on parler d’une perte d’attractivité de la place financière? A quel point faut-il s’en inquiéter? L’hémorragie va-t-elle cesser, n’est-ce qu’un début?

De plus de 600 en 1990, le nombre de banques en Suisse est passé sous la barre des 300 en 2012 d’après les statistiques de la Banque nationale. Il s’agissait surtout de concentration sur le marché intérieur. Sur cette période, les banques étrangères ne sont pas celles qui ont le plus diminué: leur nombre est passé de 142 à 131.

C’est l’accélération du phénomène depuis 2008 qui inquiète, avec de nouvelles implantations de plus en plus rares.

Les raisons évoquées sont assez diverses, le plus souvent liées aux activités de wealth management, à la fin du secret bancaire fiscal, aux litiges fiscaux surtout. Le phénomène tient aussi certainement à une question connexe de taille critique. La majorité des banques étrangères implantées en Suisse  plutôt récemment ne semblent pas l’avoir atteinte.

D’après une enquête de  Consulting Partnership à la fin de l’an dernier, les établissements suisses sont clairement en tête des montants sous gestion, avec plus de 5700 milliards d’actifs cumulés environ (banques privées, grandes banques, banques cantonales). Les banques étrangères se partagent seulement 800 milliards, dont l’essentiel est réparti sur une dizaine de grandes enseignes. Une vingtaine au moins enregistrent moins de 10 milliards.

Le fait de détenir une entité suisse rentable, même avec peu d’actifs sous gestion, n’était pas un problème jusqu’en 2008. La pression sur les revenus, l’augmentation des coûts régulatoires et le risque réputationnel ont changé ces conditions de base. L’Association des banques étrangères en Suisse réagit au phénomène.






 
 

AGEFI



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