Entre regrets et malentendus

mercredi, 23.07.2014

Le secteur financier en Suisse ne va pas jouer le rôle que les plus optimistes attendaient dans les opérations de change impliquant le renminbi. On peut évidemment s’étonner des attentes en la matière sachant que New York et Londres occupent des positions de départ incomparables sur le marché des changes. Il ne s’agissait d’ailleurs pas de jouer dans cette catégorie. Simplement d’obtenir une part significative des transactions. Des décisions d’ordre plutôt politique ont orienté les choses différemment. Elles détermineront sans doute les conditions de départ dans le long processus de convertibilité de la devise chinoise. Il reste possible que les choses évoluent par la suite au gré des circonstances. En fin de compte, les opérations sur renminbi auront peut-être lieu là où elles en auront envie selon des critères renouvelables. Ce ne serait pas la première fois que des activités de services se déplaceraient en partie en Suisse pour des raisons en général peu prévisibles.  

Cette déconvenue restera longtemps dans les mémoires, avec sont lot de regrets et de malentendus (lire page 4). Pourquoi la Suisse, qui a finalisé un accord commercial pionnier avec la Chine, ne compte-t-elle aucune banque chinoise? L’expérience malheureuse de Bank of China en Suisse n’explique pas tout. Elle peut même apparaître comme un effet plutôt qu’une cause. Après Londres, Luxembourg fonctionne depuis plus de trente ans comme place bancaire chinoise secondaire en Europe. Première dans ce qui est devenu la zone euro. Les autorités luxembourgeoises font beaucoup pour les y attirer et les fidéliser. La Suisse apparaît comme une place dans laquelle il est devenu compliqué de s’implanter. Difficile même de s’y maintenir, l’environnement juridique n’étant pas des plus faciles. Près de 40 établissements sur 160 ont renoncé depuis 2008. Faut-il en vouloir à l’Autorité suisse de surveillance des marchés financiers (Finma)? Elle ne fait au fond qu’appliquer la loi, et précise qu’elle n’a eu aucune demande chinoise à traiter ces dernières années. Au Département des Finances, qui n’a pas réussi là où les Affaires étrangères et l’Economie ont obtenu le traité commercial qu’elles voulaient? La gestion de la crise du secret bancaire depuis 2009 ne lui a pas même  laissé le temps d’y penser…n






 
 

AGEFI



...