La traçabilité de l’or n’est pas pour demain

jeudi, 26.06.2014

La Suisse s’est alignée sur des standards statistiques dont on peut douter de l’utilité. Très en deçà de certaines intentions politiques de départ.

Barbara santos

Depuis janvier, la Confédération rend publique la statistique sur les importations et exportations d’or, en ventilant par Etats. Sur les quatre premiers mois de l’année, la Suisse a importé plus de la moitié du tonnage du Royaume-Uni, et exporté en majorité vers Hong Kong.

Les attentes en matière de transparence et de traçabilité ressortant du rapport d’un groupe de réflexion pour l’adoption de nouveaux critères statistique sont-elles vraiment satisfaites?

D’après ce document, la publication des données devait permettre d’identifier plus facilement les filières d’approvisionnement, et de mieux évaluer le bien-fondé de certaines critiques portant sur les effets négatifs du commerce de l’or sur les droits de l’Homme et l’environnement.

En fait, la nouvelle statistique ne prend en compte que le dernier Etat où l’or a transité. Lorsqu’il est passé par des centres de négoce tels que Londres ou Dubaï, ce sont ces places financières qui apparaissent comme lieu d’origine. Voilà qui explique assez trivialement que le Royaume-Uni figure en tête des pays d’importation. Il n’est pas exclu du tout que l’or vienne en réalité et en partie d’Etats dans lesquels sévissent des conflits armés. Or, c’est bien ce genre de situation qui devait être identifiée, pour pouvoir distinguer l’or propre de l’or sale. Etait-ce possible techniquement et politiquement? La Suisse peut-elle  assurer toute seule la traçabilité de l’or dans le monde?

«Nous sommes conscients que ce n’est pas une statistique parfaite de ce point de vue, explique Jean-Claude Wagnon, chef de la division Statistique du commerce extérieur à l’Administration fédérale des douanes (AFD). Mais elle met sur pied d’égalité l’or et les autres biens, et entre enfin en conformité avec les standards internationaux», Depuis 1980, les données publiées étaient lacunaires au regard des recommandations de l’ONU. La Confédération s’est en fait simplement alignée sur ces exigences internationales. suite page 6






 
 

AGEFI



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