Commerce mondial, dollars et eurodollars

mercredi, 11.06.2014

Le dossier BNP Paribas vient rappeler que la comptabilité bancaire fait qu’une devise ne quitte jamais son Etat d’origine.

Nicolette de joncaire

Les menaces que font peser les autorités américaines sur le commerce international en dollars, par le biais de la procédure contre BNP Paribas en particulier, n’est pas sans rappeler des souvenirs d’une époque que l’on pensait révolue.

Marc Chandler, responsable de la stratégie devises globale de Brown Brothers Harriman, et ancien directeur des stratégies devise de HSBC Bank USA et de Mellon Bank, notait dans un article daté du mois de mars que la chute de 100 milliards de dollars, en une semaine, des avoirs de réserve de la Réserve fédérale sur les comptes de règlement des banques centrales étrangères, pourrait être due à une intervention de la Russie.

Poussée par les sanctions contre son intervention en Crimée, la Russie aurait préféré transférer ces montants hors des Etats-Unis plutôt que de vendre les obligations d’Etat américaines qu’elle détenait. Bien entendu, la Fed ne publie pas la liste des clients qui usent de son service de custody. Le retrait pourrait également provenir d’une Chine cherchant à diversifier ses avoirs hors de la zone dollar vers un euro qui continue de se valoriser. Marc Chandler concluait toutefois que «la Russie restait le suspect le plus vraisemblable».

Ce ne serait pas la première fois que transférer des dollars hors des Etats-Unis sert de mesure préventive à des pressions politiques.

Conséquence de la Guerre froide, l’eurodollar remonte aux années 1950. L’Union soviétique décidait de détenir ses avoirs en dollars dans des banques situées hors des Etats-Unis, à Paris puis à Londres principalement.

Objectif: éviter le poids de sanctions potentielles, des menaces américaines ou même d’éventuelles confiscations. Elle plaçait ensuite ces liquidités sur le marché monétaire américain par le biais de la City. Ces dollars européens (eurodollars), furent en particulier à l’origine de l’essor fulgurant d’un marché obligataire qui existe toujours aujourd’hui.

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AGEFI



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