Le sens d’un si étrange monopole des cantons

lundi, 31.03.2014

Salines suisses. Les deux marchés du sel ont fusionné. Mais ils devraient rester longtemps contrôlés par les Etats.

Mathieu signorell

Les monopoles publics sont devenus rares en Suisse. L’un d’entre eux semble néanmoins éternel: le sel. Le commerce et l’ importation sont strictement contrôlés par les cantons. Les Salines de Bex appartiennent à l’Etat de Vaud. Celles du Rhin à tous les autres cantons.

Les deux sociétés vont se regrouper dans une seule: le groupe Salines suisses. Le Parlement cantonal vaudois se prononcera ce mardi. Coût de l’opération pour le canton: 5,3 millions de francs.

La loi locale qui sanctionne la contrebande de sel datant de 1804, comment justifier aujourd’hui ce genre de monopole d’apparence si anachronique?

La réponse n’a en fait rien d’alimentaire: il s’agit d’assurer l’approvisionnement en sel de déneigement pour la route. Selon l’Etat et les producteurs suisses de sel, les problèmes de circulation hivernale obervés à l’étranger sont dus en partie à la libéralisation de ce marché.

Ce monopole, avec lequel il est  tout à fait possible de vivre, paraît d’autant plus étrange que de nombreux sels étrangers sont déjà vendus en Suisse. La règle est simple: l’importation est autorisée pour les sels que la Suisse ne produit pas. En clair: seuls sont véritablement interdits le sel fin et le sel routier.

Ce monopole d’Etat rapporte peu  aux collectivités concernées. Le canton de Vaud encaisse aujourd’hui 380.000 francs par an en dividendes, taxes, régales, impôts et concessions. 






 
 

AGEFI



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