Le credit crunch en Suisse n’est de loin pas un mythe

mardi, 24.12.2013

Moins de prêts aux entreprises de la part d’UBS et CS. Les banques cantonales (et autres) peinent à compenser.

Nicolette de joncaire

On le savait. Bâle III, pensé pour améliorer la couverture des risques systémiques financiers, ne garantit pas l’équilibre entre stabilité du système bancaire et efficacité économique. L’alourdissement des règlementations en peu de temps rend les établissements bancaires moins aptes à financer l’économie. A l’échelle mondiale, l’OCDE estimait en 2011 que la mise en place de Bâle III coûterait entre 0.05 et 0.15% de croissance économique par an.

Les moyens d’actions identifiés par les banques pour se conformer aux attentes des régulateurs - baisse des encours de crédits et cession d’actifs - ont de forts impacts sur l’économie. Tout particulièrement sur les entreprises de petite taille pour lesquelles les prêts bancaires représentent une source vitale de financement.

En Suisse, où les entreprises de moins de 250 emplois concentrent 83% des salariés, les nouvelles règles prudentielles entraînent une dégradation significative des conditions et termes de l’octroi de crédit, avec un effet significatif sur les montants et le type de maturité des prêts octroyés.

La lecture de l’encours des crédits aux entreprises des banques suisses publié par la BNS en dit long. De la fin 2009 à septembre 2013, le crédit aux entreprises suisses a  augmenté de 11%. Ce sont en réalité les prêts hypothécaires qui en ont bénéficié (+26%). Les autres crédits aux entreprises affichent une réduction sensible de 7%, soit près de 10 milliards de francs. Ce sont surtout les microentreprises qui en ont fait les frais. Le crédit affecté à leur fonctionnement (non hypothécaire) a diminué de 35%, soit plus de 24 milliards de francs. Le recul est considérable, largement dû au retrait des deux grandes banques, et insuffisamment compensé par les autres établissements.

Le plaidoyer des banques cantonales pour un système équitable d’exigences en matière de fonds propres prend tout son sens. Il s’agit même d’une question vitale pour l’industrie et les services. A moins de s’en remettre au shadow banking, complètement contraire aux objectifs de sécurisation du système financier recherché par Bâle III.






 
 

AGEFI



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